GAMBETTA ET LA GUERRE
22 mai 1916.
Nous n'avons jamais été partisans de commémorations gambettistes pendant la guerre. Le gouvernement de Gambetta fut une défaite et ce n'est pas un gloria victis qu'il convient de chanter aux soldats de la Marne, de l'Aisne et de l'Yser, aux soldats de Verdun! Le parallèle entre les années 1870-71 et 1914-15-16 n'est à l'honneur des premières à aucun point de vue.
Du point de vue de l'organisation technique, qui prime tout aujourd'hui, l'histoire, celle qui' dit vrai, est sévère. Le beau livre de notre éminent ami Dutrait-Crozon, Gambetta et la Défense nationale, montre que la partie positive de cette organisation trop vantée est l'œuvre du ministère Palikao. Du point de vue stratégique, ceux que n'aurait point convaincus le cri d'accusation du général d'Aurelles de Paladine, le vainqueur de Coulmier, n'ont qu'à interroger le colonel Grouard : le premier critique militaire de notre temps, examinant les desseins imposés par le gouvernement de Tours à notre armée, ne trouve à leur comparer pour l'impéritie, la démence et l'incoiiérence que ceux de Bazaine dans Metz. Enfin, du point de vue de la politique générale suivie après la guerre par l'adversaire du Maréchal et le correspondant d'Henckel de Donnersmark, les lettres publiées par notre ami Marie de Roiix établissent des vérités déplaisantes peut-être, mais indispensa-