‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 203 sur 221 · Voir Le Parlement se réunil, pp · texte numérisé non relu

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d'œil. On ne dorlote plus, on bourre. On n'use plus de ménagements, on dépêche et on expédie. — Des arrêts de justice ? — Allons donc, les ukases de la police sont assez bons pour des Français : l'arbitraire administratif le plus pur suffira. Il sera appliqué et devra l'être aux vils indigènes coupables de collaborer patriotiquement aux efforts militaires de la nation et, quand des sénateurs ou des journalistes en infime minorité auront "l'insolence de s'étonner de ce traitement, on les regardera avec une grande surprise, en s'étonnant qu'ils aient l'esprit aussi mal fait! Comment peul-on douter que le citoyen du parti vaincu soit un citoyen de seconde classe? Gomment admettre un seul instant qu'il ose s'égaler en valeur, en importance et en dignité non seulement au citoyen du parti au pouvoir, mais à un étranger, quand il est dans les amis du parti vainqueur?

Des garanties judiciaires pour l'étranger suspect ' . . . la France, mais des tracasseries policières à l'indigène soupçonné de mal voter et de mal penser : c'est ce double courant de législation qui caractérise une démocratie d'abord soucieuse de vivre. Marcel Sembat y retrouvera la vérification toute fraîche de sa formule. Mais il semblait qu'en temps de guerre ce qui importait tout d'abord était de faire vivre la Patrie et de lui donner, avec l'indépendance et la prépondérance, la paix intérieure et l'entente des cœurs. Si ce beau rêve avait vécu, ce serait tant pis pour la France.... Nous ferons tout au monde pour en maintenir l'essentiel.

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