DICTATURE ET LIBERTÉ
Et la victoire ressaisie, la paix conclue, l'ordre civil affermi, cette dictature procédera aux constructions sociales sur la base de fraternité généreuse que cette guerre a achevé de nécessiter. Un pouvoir éclairé et fort indispensable à l'élaboration du nouveau statut de l'Europe ne le sera pas moins à la défense de l'État contre les exigences de la finance ou contre les velléités de la révolution. Le droit réel de propriété devra être défendu avec héroïsme, un égal héroïsme devra intervenir pour imposer le droit certain du prolétariat, tant de fois « berné », dit M. Jules Guesde, par la démocratie anticléricale et le socialisme républicain. L'Etat devra être très fort pour le peuple contre une poignée d'oligarques égoïstes, sans intelligence ni cœur. Il ne devra pas être moins fort pour contenir les agitateurs de métier, politiques alimentaires et parasites du tréteau. Mais au fur et à mesure que la paix civile couronnera la paix extérieure, l'autorité royale sera libre de rétablir autour d'elle toutes les libertés dont l'époque révolutionnaire nous dépouilla, les unes religieuses, d'autres provinciales et communales, d'autres professionnelles. La représentation des métiers, celle des intérêts succédera au parlement inorganique de nos tristes jours, et les capacités personnelles trouveront leur accès au conseil supérieur de la Monarchie où se débattront, dans un esprit d'action et non de discussion, avec la volonté d'aboutir et non de piétiner, les plans de renaissance économique et sociale de la patrie.