LE DROIT : LES IDÉES DE LA GUERRE
Le roi d'Angleterre a parlé de la « grande cause » défendue par les alliés. On ne saurait trop exalter la grandeur morale de cette cause.
Sans doute, on ne la définit pas. Cela viendra. Je ne m'amuserai pas à dire, pour ma part, si elle est « réactionnaire » ou î révolutionnaire » ; l'enfantillage de quelques publicistes à diviser l'histoire du monde en « avant » et en « après ». par rapport à l'heure céleste de leur venue au jour, n'aura qu'une petite part dans la définition des idées de la guerre. Celle-ci se fera vraisemblablement dans des têtes délivrées de ces préjugés et sachant lire les faits.
On sera peut-être un peu surpris d'apprendre alors ce que c'est que « le Droit » que nous défendons : si par exemple, on voit que c'est le droit de propriété (celui qu'exerce le peuple belge, serbe ou français sur son territoire), le droit de l'hérédité (cehii que l'on tient de ses pères, celui que l'on tient de ses morts, à l'exclusion par exemple du droit d'empiétement et de débordement que pourrait s'accorder un voisin trop prolifique et trop populeux;, enfin le droit de nationalité (celui qui fait reconnaître des amis, des parents ou, si l'on veut, des irères à l'intérieur de chaque groupe ethnique, mais pas du tout
VŒUX nr: NOi:vr:i, an. :>
ou, du moins, beaucoup plus ditTicilement au delà f\c celle frontière) î Beaucoup tic poilus valeureux témoignent un certain ahurissement quand on leur dit qu'ils défendent « le Droit v un Droit absolu cl que personne ne qualilie.
— Le Droit? Quel droit?
Je conseille de leur fournir celle explication simple et triple : j^ropriétc.hén'dité^ nationalité. Elle esl aussi « universelle » que la devise républicaine, cl elle pose sur des réalités moins sujettes à discussion.