DANS LE BROUILLARD PARLEMENTAIRE
15 février 1916.
Avons-nous des Assemblées françaises ? Ceux qui lisent ï Officiel peuvent en douter. Ils y verront l'esprit de parti furieux. Ils y chercheront l'esprit national et le trouveront difficilement. Les socialistes mettent en cause tour à tour les capitalistes, les industriels, les commerçants, et quand il s'agit de leurs amis qui tombent auprès de nôtres dans la tranchée, ces messieurs ne disent pas : les Français, mais : les prolétaires. Il paraît que les balles font leur choix avant de frapper.
Toute la discussion est orientée de manière à mettre en cause l'administration ou le commandement militaire qui, occupé ailleurs, ne veut pas répondre par un cours d'histoire républicaine et parlementaire. Ce mouvement antimilitariste de la Chambre basse, de plus en plus violent, est le seul qui se dessine un peu nettement entre les partis. Modérés passifs et libéraux bernés n'osent prendre aucune offensive. Tout ce qui n'obéit pas à cette tendance, estompé, confus, et comme dissous, rentre dans une espèce de « brouillard » : le Temps en convenait hier sur quelques points particuliers.