‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 91 sur 221 · INNOCENCE MILITAIRE · texte numérisé non relu

INNOCENCE MILITAIRE

La plupart du temps, il est vrai, le commandement ne se doute pas de cette hostilité politique profonde, motivée, congénitale, constitutionnelle, et les tracasseries de l'arrière lui apparaissent des espèces de rébus, mais elles n'existent pas moins et sont peutêtre plus sensibles pour ceux des chefs qui n'ont pas l'habitude de relier l'effet à sa cause profonde. L'inexpliqué, l'inexplicable est un ennui qui s'ajoute aux autres ennuis. Or, dans le glorieux interrègne parlementaire de septembre, octobre et novembre 19i4, aucun ennui de cette sorte n'existait. La difficile retraite de Charleroi avait pu s'exécuter sans trop d'engpmbre, grâce à la discipline de fer imposée par un commandement dont la libre vigueur ne rencontrait de bornes que du côté de l'ennemi. Le choix des grands et des petits chefs, la faculté d'écarter sans bruit tout ce qui était estimé de qua-

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lité inférieure n'était gêné par aucun organe non militaire. Aucune commission ne menaçait non plus d'intervenir pour murmurer et critiquer en utilisant des faits partiels exacts en vue de conclusions générales fausses, ni pour opposer les uns aux autres les services, les autorités, les armes, les bureaux d'une même organisation militaire. On agissait au mieux sous sa responsabilité en vue du succès. Il a fallu agir, depuis, en vue de ne pas déplaire. Il a fallu tantôt pousser et tantôt ralentir en raison de campagnes de presse ou de couloirs menées à tort et à travers par les moins responsables et les moins sérieux. Nous avons vu un tel presser le commandement d'attaquer, nous voyons aujourd'hui tel autre conduire la même manœuvre et, comme Hervé, peut-être que dans quinze jours ou le. verra crier au massacre inutile et à la boucherie dont il devrait être le premier comptable au pays. Ce qui s'écrit dans les journaux donne la très faible mesure de ce qui se passe dans les couloirs et les commissions. Résultat ? je le vois dans ce tableau des faits de la de la guerre :

Pas de Parlement réuni (septembre-décembre 1914) : victoire de la Marne; victoire du Grand-Couronné de Nancy; victoire de l'Aisne; victoire de l'Yscr.

Avec le Parlement réuni (décembre 1914-janvier 1016) : nombreuses afîaires dont une seule absolument victorieuse en Champagne, mais qui n'a pas abouti à percer.

Cette confrontation d'une clarté baco -pune, n'est pas de mon cru, cru suspect, cru royaliste; je l'ai

copiée chez des neutres, chez des répubhcains, chez des protestants, chez des Suisses. Le Journal de Genève n'a aucun sujet d'apporter des arguments à Y Action française. S'il dit cela (que nous pensions) c'est que nous devions avoir raison, non pas une fois, mais dix mille.

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