LES COMMISSIONS : L'INTENTION ET L'ACTE
Il n'est que trop vrai que l'agitation parlementaire cause le plus grand tort à l'activité militaire, et dire, comme un grand journal libéral des Pyrénées, qu'un peu de sagesse n'est pas impossible à exiger d'une assemblée française, c'est montrer une grande confiance patriotique, mais, peut-être aussi, fermer les yeux à la réalité des causes agissantes et des ressorts vivants d'une assemblée souveraine et d'un commandement qui a besoin, lui aussi, de souveraineté.
— Mais le bien fait dans les commissions? — C'est l'opinion qu'on essaye d'accréditer, mais il ne faut pas permettre de venir décomposer la ferme raison du pays. Il tombe sous le sens que vingt, trente, quarante Français groupés dans un salon des Palais nationaux et qui se disent : « l'ennemi est à Noyon », ne passent pas leur temps à ouvrir leur patrie aux Boches. Ils n'en ont ni l'intention ni la volonté ni le désir. Accordons sans difficulté qu'ils veulent le bien. Mais ils font le mal, ils font plus de mal que de bien. Leur bien est d'occasion ; leur mal de nature et d'essence. Un gouvernement résolu aurait obtenu les mêmes bons résultats que les commissions en utilisant personnellement tel ou tel de leurs mem-