‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 93 sur 221 · POUR L'AUTORITÉ MILITAIRE · texte numérisé non relu

POUR L'AUTORITÉ MILITAIRE

bres, à tilre de collaborateurs, et de conseillers et de mandataires, dans Tordre militaire comme dans le civil. Le sous-ministère de M. Albert Thomas a commencé de cette fagon, sous la responsabilité de M. Millerand. Comme pour M.Albert Thomas, on eût pu régulariser ensuite la situation de ces messieurs, mais on eût continué de les retenir dans la hiérarchie de l'administration et du commandement non sur le plan égalitaire où se trouvent placées, par rapport aux chefs et administrateurs de l'État, les commissions et les Chambres. Comment n'a-t-on pas encore compris que ces rapports se définissent constamment d'un mot : conflit de pouvoir?

Le Temps reprochait hier soir à ces commissions de prendre tout le temps des ministres par des auditions sans fin et sans cesse recommencées. Mais, lui répondra un doctrinaire, elles ne prennent que ce qui leur appartient ; de quel droit interdira-t-on au souverain de mander ses subordonnés? Tout revient à cette ridicule question de droit. Il n'y a pas abus, mais usage. Parler de « mesure » comme le Temps, c'est se faire répondre : d'où la tirez-vous ? Des nécessités de la guerre? Précisément les nécessités de la guerre proscrivent absolument cette coexistence des deux pouvoirs égaux sur le même plan de travail. En fonctionnant ensemble, ils aboutissent non sans cesse, mais à tout propos, à se mesurer, à se défier, à se battre. .. — Qui t'a fait comte? — Qui t'a fait l'oi?... Voilà l'inévitable et qui ne sera évité que par la clôture faite à l'amiable ou par décret, ou autrement. — Ce n'est pas possible? — C'est une autre question que l'on pourra débattre. 11 s'agit de

savoir en ce moment si ce sera bon. Et pour se faire une idée de cette bonté, il suffît de représenter au Correspondant qui soutient la thèse contraire, mais qui ferme les yeux sur cet aspect des choses, il suffît, dis-je, de concevoir qu'ainsi tarira le flot d'indiscrétions qui se déverse tous les jours de là sur Paris et que les entreprises boches de démoralisation civile ou militaire perdront de ce fait leur plus important fournisseur....

Je sais bien qu'on ne démoralise pas la nation ni l'armée française, pas plus qu'on n'empoisonne un corps vigoureux et puissant. Tout de même je ne conseille ni la strychnine ni le curare pour le petit déjeuner des plus florissants rédacteurs du- Correspondant.

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