PROGRÈS DU CATHOLICISME I
trop singulières de se concilier les sympathies : qui reconnaîtrait des défenseurs de l'Evangile dans ces détrousseurs de grand chemin !
Le programme qu'ils affichent, et qui laisse indifférents les persécutés, suffit à exaspérer les catholiques, que l'instinct de conservation serre plus étroitement autour du roi. En dépit des soutfrances universelles, la vie a continué son œuvre; les nouveaux propriétaires se sont attachés à leurs domaines avec un amour d'autant plus vif que jusqu'alors les satisfactions qu'ils en attendaient leur ont manqué et qu'ils exigent de l'avenir un plus large dédommagement. Ees rapports de l'archevêque sont encore très pessimistes en 1641 : — les nobles, dit-il, ne sont catholiques qu'en apparence et n'ont rien changé à leur manière de vivre; ils ont des employés protestants et ils demeurent des années entières sans se confesser; les bourgeois ne sont pas plus sûrs et dans beaucoup de villes, les conseillers s'opposent sourdement au progrès de la religion. — Les faits du moins semblent prouver que Harrach a généralisé un peu vite et que ses doléances, exactes pour le Nord et pour l'Est, voisins de pays luthériens et sans cesse agités par l'invasion, et surtout pour les districts montagneux et miniers où l'œuvre de restauration religieuse n'est sérieusement poussée qu'après 1648, ne s'appliquent plus dès lors aux cercles du sud et de l'ouest. Les décisions des diètes démontrent que dès ce moment les seigneurs ont une vue très nette des dangers dont sont grosses pour eux les demandes des Suédois; ils sont prêts à tous les sacrifices pour repousser une paix « qui entraînerait la ruine complète de la religion, renverserait les bases légales du royaume et priverait les États des biens et des domaines qu'ils ont acquis justement, achetés cher et payés » (Diète de 1645). Les Jésuites et les officiers royaux exploitent ces terreurs et réussissent à imprimer à la résistance une couleur populaire ; à l'heure où toutes les forces sont épuisées, le concours prêté à l'armée par quelques villes prend une importance extrême et, sans l'appoint