O LES CONFRERIES DE LA VIERGE
inattendu de ces défenseurs improvisés de la foi, il n'est pas sûr que les Habsbourgs n'eussent pas à la dernière minute été acculés à des concessions graves. Étrange revirement de l'histoire : Prague, qui a donné le signal de l'offensive protestante, se transforme en une forteresse catholique, devant laquelle se brise le dernier assaut des Suédois.
En 1645, la résistance héroïque de Brno avait déjà arrêté l'élan de Torstenson et, quelle que fût l'énergie de son commandant, le colonel de Souches, les 5oo hommes de troupes régulières qu'il commandait ne lui auraient pas suffi pour garderies remparts, s'ils n'avaient été vaillamment secondés par les bourgeois, par les étudiants surtout que conduisaient au feu leurs maîtres, les Jésuites. — Voilà de l'encens pour la Sainte-Vierge, avait dit Torstenson en commandant l'assaut, le i5 août. Les Jésuites, par coquetterie de vaillance, par souvenir de leur fondateur, grandi dans le mysticisme chevaleresque de l'Espagne, groupaient leurs partisans sous le drapeau de Marie; ils se sont toujours plu à créer des associations dont ils conservent la haute direction et qui leur permettent d'entretenir dans les âmes une exaltation combative, de développer le sentiment du devoir personnel et comme féodal envers tel ou tel chef céleste et d'accroître la ferveur religieuse par les considérations les plus pratiques; il est glorieux de servir dans le régiment de Notre-Dame, — et elle n'oublie passes dévots.
Les premières confréries de la Vierge avaient été fondées en Bohême dès ibjb, sous l'inspiration d'un Anglais, Edmond Campian,un de ces enthousiastes dont l'ardente sincérité est contagieuse. Ces sodalita/cs marianœ, se développèrent rapidement : c'est là que se groupèrent et s'instruisirent les hommes qui méditaient de rendre sa domination à l'Eglise romaine, et elles restèrent comme le cadre de l'armée catholique. Tous les collèges jésuites avaient leur confrérie; il 3'^ en eut plus tard pour les diverses classes, pour les nobles, les bourgeois, les ouvriers, chacune avec son organisation particulière, ses insignes, ses digni-