Mémoires de Slavata, I, p
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toire contre eux : l'herbe pousse sur les tombeaux, et les xrruautés d'un grand inquisiteur ont quelquefois une grandeur farouche; ce qu'on ne saurait pardonner, c'est cet attentat permanent contre la dignité de la conscience, cette adresse à cultiver les instincts les plus médiocres, ce recours perpétuel aux moyens diplomatiques pour s'insinuer dans les âmes et subtiliser les dévouements. Du moins, ils parvenaient vraiment à réunir autour d'eux des phalanges dévouées et ils planaient très au-dessus de la contagion de bassesse que répandaient leurs doctrines. Ainsi que le remarque finement Gothein, Loyola, en imposant à ses adeptes l'obligation de développer le plus possible leur personnalité pour qu'ils pussent consacrer au salut de l'humanité des forces plus actives, avait déposé dans l'Ordre un germe de grandeur morale qui explique son influence et le dévouement admirable dont tant de ses membres firent preuve \ Ils formaient l'aristocratie que Dieu avait choisie pour sauver la terre, et comme toutes les aristocraties qui ont mérité de conserver longtemps leur autorité, ils avaient, avec le mépris souverain de leurs serviteurs, la science du commandement et l'esprit de sacrifice ; ils étaient capables de tout, mais surtout d'héroïsme; on le vit à Prague en 1648.
Les armées impériales avaient été battues àZusmarshausen, l'Électeur de Bavière, réfugié à Salzbourg, implorait la paix; les Espagnols étaient retenus par la révolte de Masaniello ; Ferdinand III, sans ressources, aux abois, refusait obstinément malgré tout de rendre à la Bohême la liberté religieuse que les Suédois réclamaient pour elle. Ils essayèrent de lui forcer la main par un coup d'audace qui, s'il réussissait, triompherait sans doute des dernières résistances de son ambassadeur Trauttmansdorf. Un ancien lieutenant-colonel de l'Empereur, Ottowalsky, qui se prétendait lésé par son souverain, offrit au comte de Kœnigsmark de lui indiquer les points faibles de l'enceinte