‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 109 sur 325 · PAIX DE WESTPHALIE · texte numérisé non relu

PAIX DE WESTPHALIE

a été arrachée, vous nous livrez de nouveau aux mains des bourreaux. C'est au nom de beaucoup et poussé par leurs sanglots que je crie vers toi ; nous sommes à tes genoux, aux genoux de la reine; au nom de Jésus-Christ, viens à notre aide, à nous qui sommes persécutés pour Jésus-Christ ', » Ce qui m'attristait, écrivait-il un peu plus tard, ce n'était pas d'être abandonné, moi ou la fraction qui partage notre doctrine, c'est que le peuple tout entier fût abandonné '. Et c'était bien, en effet, le peuple tout entier sur lequel la paix de Westphalie scellait la pierre du tombeau.

Elle reconnaissait aux Habsbourgs le droit de ne tolérer dans le royaume que la religion catholique : les nobles qui refuseraient de renoncer au protestantisme seraient libres de quitter le pays et de vendre leurs biens; les émigrés seraient autorisés à revenir en Bohême, mais ils ne pourraient y demeurer que s'ils se convertissaient; ceux d'entre eux qui étaient partis après i63o pour entrer au service des Suédois ou des Français rentreraient en possession de leurs domaines; cette clause ne visait qu'une catégorie très restreinte et ne compromettait en rien la domination de la nouvelle aristocratie catholique. En Silésie, les conditions de la paix de Prague furent légèrement modifiées dans un sens favorable aux protestants. Les Silésiens étaient allemands et luthériens et, à ce double titre, ils avaient trouvé des patrons plus énergiques; puis, la réforme catholique était beaucoup moins avancée chez eux et l'Empereur avait par conséquent été moins inflexible. L'exercice de la religion protestante fut toléré à Breslau, et dans les duchés de Liegnitz, Wohlau, Brieg et Œls; dans les principautés qui relevaient directement du roi ou de seigneurs catholiques, le culte romain fut seul autorisé en principe, mais les dissidents conservèrent trois temples et ils purent aller assister au culte luthérien en dehors des frontières ; le

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