‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 11 sur 325 · LIECHTENSTEIN · texte numérisé non relu

LIECHTENSTEIN

Maximilien de Bavière : l'idée était excellente. Le duc, très pieux, l'esprit très ouvert, connaissait la gravité du conflit dont la bataille de la Montagne-Blanche terminait le prologue, et il combattait ses adversaires avec toute l'implacable rigueur du fanatique, de l'ambitieux qui exigeait du ciel une large rénmnération de ses services, et du politique dont le sens moral avait été complètement perverti par les détestables pratiques de son temps. Du moins il avait le goût de l'ordre et l'habitude d'une administration régulière ; il détestait les violences de luxe et les sacrifices superflus; son esprit de méthode et de prudence eût épargné au pays les souffrances excessives. La tâche était ingrate, et elle l'eût mis en opposition avec toutes les convoitises qui s'agitaient à Vienne; il se récusa et désigna le prince de Liechtenstein.

Charles de Liechtenstein (i 569-1627), protestant d'origine et d'éducation, avait été converti par le cardinal Dietrichstein et il était devenu un des membres les plus actifs du parti catholique qui s'était organisé en Moravie, vers la fin du xvi^ siècle : son zèle lui valut les félicitations spéciales de Clément VIII, sans parler d'autres avantages plus substantiels : les jésuites avaient déjà une importante clientèle féminine et leurs amis se mariaient bien; Liechtenstein épousa une des plus nobles et des plus riches héritières du Margraviat, puis manœuvra adroitement entre les partis et, diplomate subtil non moins qu'adroit financier, il devint capitaine de la Moravie et plus tard prince et duc d'Opava (Troppau) (1614). Les habitants protestèrent et ses titres étaient contestables: l'insurrection arriva fort à propos pour lui permettre d'établir sa fortune sur des bases plus solides. Les intérêts du ciel ne venaient évidemment pour lui qu'en seconde ligne : il condamnait surtout dans les hérétiques des rebelles ; dès le règne de Mathias, il s'était prononcé pour une attitude plus ferme et avait combattu les molles indécisions des modérés qui trouvaient dans Khlesl leur principal représentant. Il voulait restaurer solidement l'autorité royale et, pour y réussir, il

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