‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 117 sur 325 · Vavra, la ville de Kolin, p · texte numérisé non relu

Vavra, la ville de Kolin, p

comme journaliers dans les vignobles; d'autres mendient sur les routes '.

Dans la commune de Politse, des 148 maisons qui existaient avant 1610, nous n'en connaissons plus que 63 qui soient encore occupées, presque toutes plus ou moins dévastées. Dès 1628, Ferdinand II accorde à ceux qui s'établiront sur une tenure abandonnée la remise des impôts pendant trois ans; les amateurs sont si rares qu'un siècle plus tard beaucoup de fermes demeurent vacantes et que les recensements continuent à parler de terres incultes. A chaque pas, on se heurte à des ruines. « Tu apercevras quelquefois, écrit Balbin, dans un lieu désert, une porte debout, une colonne, les débris magnifiques d'une grande construction ; c'est tout ce qui reste du château qui s'élevait là; ailleurs une tour se dresse, seul débris du village ou du manoir qu'ont dévoré les flammes... On ne pourrait pas citer une ville, pas même un château qui n'ait été brûlé pendant la dernière guerre '. » Balbin a parcouru tout le royaume et son témoignage ici est important. Tous les récits des voyageurs nous donnent la même impression de désolation. M. deMonconys, qui visite Prague en i6d3, met huit heures pour faire trois milles allemands : les routes sont défoncées, les rivières débordent; dans les villages, on ne trouve à manger que ce qu'on apporte, et de la paille pour se coucher; dans une petite localité, voisine de la capitale, les voyageurs arrivent à grand'peine à se loger, « n'y ayant dans le grand logis où nous demeurâmes qu'un poêle commun pour tout le monde... dans une chambre faite d'arbres mis les uns sur les autres ^. » — (( La petite ville de Beraun, comme toutes celles de la Bohême, est fort ruinée. A Pilsen, où nous logeâmes à l'Aigle d'or, nous ne fûmes pas mieux couchés qu'à l'ordinaire, sur de la paille mise au milieu de la chambre, et un méchant lit de plumes par dessus. » Dès qu'on sort de la

1. Tchélakovsky, Les privilèges des villes de Prague, xcviii.

Page 1