‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 13 sur 325 · I. M. Ritter, p · texte numérisé non relu

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bien que tous leurs adversaires n'accepteraient pas leur déchéance et que plus d'un parmi eux voudrait tenter de nouveau la fortune des armes : il était de bonne guerre de commencer par établir solidement la domination du souverain dans ses provinces héréditaires.

Quelques mois d'occupation militaire avaient dès lors préparé la Bohême à toutes les épreuves et à toutes les abdications. « Les généraux, écrit un contemporain, se répandirent dans le pays et commencèrent à ravager, voler et piller; ils cherchaient dans tous les coins, coupaient les têtes, forçaient les habitants par le fer ou par d'autres supplices à révéler leurs cachettes et à donner leur argent, et telles étaient les souffrances des habitants qu'il est terrible et lamentable de le raconter ; on n'entendait pas autre chose que : Ah! hélas! Malheur! Donne et prenons '. » Un des compagnons de Maximilien se vantait d'avoir gagné 60,000 florins dans l'expédition et déclarait que tout colonel et capitaine qui n'en avait pas rapporté au moins 3o,ooo florins, n'était qu'un sot. A Prague seulement, on évaluait à deux millions d'écus le butin fait par les soldats pendant les trois ou quatre premiers jours '. Encore l'avidité S3'stématique de Tilly et des Bavarois était-elle moins funeste que l'indiscipline des troupes de Buquoy : le général donnait l'exemple du pillage; les malheureux habitants, livrés à toutes les exigences de mercenaires féroces, rançonnés par les officiers, poursuivis par les commissaires impériaux, sans recours, sans appui, commençaient à abandonner leurs demeures; toute trace d'administration régulière disparaissait : l'abbé de Strahov, qui part pour Vienne, est attaqué en plein jour par des malandrins qui le mettent si mal en point qu'il arrive à grand peine à la ville voisine; le gouverneur de Moravie, le cardinal Dietrichstein, est dépouillé sur la route par des mercenaires napolitains; dans les villes et même à Prague, ce ne sont que rixes,

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