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LES JÉSUITES A BRESLAU

tique. Ils y sont gênés par les conditions politiques, les habitants les redoutent, les autres Ordres les jalousent, le clergé séculier craint leurs empiétements : ils désarment les haines, apaisent les inquiétudes, se rendent indispensables, enserrent le pa3's dans un réseau de postes d'attaque. A Breslau, deux d'entre eux ont pénétré dans la ville, en i638, malgré le Conseil, dans un carrosse fermé : ils commencent à prêcher, achètent une petite maison, ouvrent une école, — bien modeste, — douze enfants. Bientôt, ils s'agrandissent, veulent acheter un vaste établissement : le Conseil refuse, l'émeute gronde, la Cour, sur ce point si voisin de l'Allemagne, ne veut pas pousser à bout la population. Ils lui suggèrent un biais : l'Empereur leur cédera le château qu'il possède dans la ville, d'abord à titre provisoire (iGBg), puis à titre définitif (1670). A chaque instant, le Conseil se plaint de leurs empiétements ; assez vite, Breslau sous leur influence perd son caractère de ville exclusivement protestante : ils entraînent d'abord des ouvriers, qui reçoivent l'aumône des couvents et n'ont à donner en échange que leur conscience, des nobles aussi qui veulent mériter les faveurs de la cour; quelques bourgeois suivent. Dès iGSq, leur collège compte plus de 400 élèves, parmi eux quelques hérétiques qui repartent convertis; en 1667, on y joint quelques chaires de théologie, et, en 1687, un doyen de la faculté de philosophie fait son apparition; il ne reste plus qu'à obtenir une consécration officielle pour l'Université qui fonctionne déjà. Le Père Frédéric Wolf s'y attelle, un de ces politiques supérieurs dont la persévérance et la souplesse expliquent les succès de la Compagnie. Chapelain impérial à Vienne, il met au service des Silésiens son influence qui est grande ; tous ceux qui désirent un titre, une faveur, s'adressent à sa complaisance jamais lassée; il se prépare ainsi des défenseurs. Cependant, quand en 1695, il révèle son dessein, la bourgeoisie reprend peur, le Conseil envoie à l'Empereur pétitions sur protestations, assez médiocres d'ailleurs, parce qu'il n'ose pas avouer ses véritables rai-

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