‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 150 sur 325 · LÉOPOLD · texte numérisé non relu

LÉOPOLD

rêts du roi, était peu à peu tombée sous Tinfluence des seigneurs, des agents nouveaux, qu'il aurait eus mieux en main. Ses prétentions soulevèrent l'opposition des nobles dont on menaçait les privilèges, de la Lieutenance dont la compétence eût été réduite, et de la Chambre tchèque qui eût été dépossédée. Ce fut un des premiers exemples de ces coalitions qui unirent si souvent contre les projets venus de Vienne les divers éléments de l'aristocratie tchèque, rapprochés en dépit des différences de situation par la communauté naturelle des intérêts ; un temps assez long s'écoulera avant que le sentiment du devoir professionnel étouffe chez les officiers ro3^aux l'esprit de caste, et les Habsbourgs ne réussiront jamais complètement à transformer en dociles instruments du prince les descendants des oligarques bohèmes. La lutte de Ferdinand III et de la diète n'est pas sans analogie avec celle que, vers la même époque, les traitants de Mazarin soutenaient avec le Parlement. Les nobles de Bohême n'essaj^èrent pas de Fronde, et Ferdinand ne l'aurait pas permis; sur le fond des choses, et en dépit de défaites partielles, ils sauvèrent leurs prérogatives. Les Habsbourgs étaient friands de despotisme, mais leur ardeur s'épuisait vite et ils n'eurent jamais autour d'eux cette caste de légistes intraitables qui en France plo3^èrent toutes les têtes sous la main du maître et cimentèrent solidement l'unité.

Léopold P"", qui succéda à son père en lôSy et dont le règne dura presque un demi-siècle, — il mourut en lyoS, — était un fanfaron d'absolutisme. — « Si j'avais la preuve que le ministre est un coquin, disait-il en faisant allusion à Lobkovits, sa tête serait vite à terre. » Ce tranche-montagnes était avant tout un timide et un incertain. Il n'avait aucune générosité de cœur et il traita sans pitié les adversaires que lui livra la fortune, les Hongrois

chargé d'administrer les revenus que le prince perçoit en vertu de ses droits propres et sans l'autorisation de la diète : c'est l'ancien fisc romain.

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