‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 157 sur 325 · I. Montesquieu, Voyage · texte numérisé non relu

I. Montesquieu, Voyage

3oO LA CHAMBRE AULIQUE

tion : la coalition des intérêts qui profitent du désordre est plus forte que toutes les résolutions de l'Empereur. Sous Ferdinand III, on disait que, pour engraisser un cheval qui refusait de manger, il suffisait de le nommer Président de la Chambre; en quelques mois il deviendrait luisant et gras '. Le mal s'aggrave sous Zinzendorf, un de ces impudents coquins qui, pour des siècles, déshonorent la finance ; il se lance dans les spéculations les plus scabreuses, rachète à vil prix les créances sur TÉtat qu'il se fait rembourser intégralement par le Trésor, subtilise les présents destinés aux ambassadeurs, vend les charges au plus offrant-. Tel directeur, tels fonctionnaires. Les ambassadeurs vénitiens calculent que le fisc ne reçoit pas un tiers des impôts perçus -^ Tous s'entendent pour brouiller les comptes. Les relevés que reçoit la Chambre sont incomplets et inintelligibles, les chiffres qu'on lui donne sont faux 4 ; elle n'arrive qu'à grand peine à se faire une idée exacte de la richesse relative des divers pa3^s et à fixer la proportion suivant laquelle les impôts doivent être répartis ^. Dans les pays où, comme en Moravie, les impôts sont perçus par les officiers ro3^aux, les retards sont constants et le déficit énorme. Les Chambres d'Autriche intérieure et antérieure, qui remontaient à la mort de Ferdinand I", conservent leur autonomie presque entière jusqu'à Joseph L'. Au commencement du règne de Léopold, la Chambre de Prague, consultée sur le moyen d'améliorer la situation, indique quelques mesures préalables : les employés, mal payés, sont d'une extrême négligence; quelques-uns n'habitent

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