‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 160 sur 325 · I. Luschin d'Ebengrculh, Œst. Rcichsgcsch., p · texte numérisé non relu

I. Luschin d'Ebengrculh, Œst. Rcichsgcsch., p

LA CHANCELLERIE 3o5

roi. Ferdinand II s'était attaché à marquer plus nettement son caractère d'officier royal et il l'avait dégagé de toute responsabilité vis-à-vis de la Diète; il avait du moins respecté son indépendance vis-à-vis des autres charges auliques et, pendant son règne ou sous ses successeurs immédiats, nous ne trouvons aucune tentative pour reprendre la réforme de Ferdinand I"" qui, en 1328, avait voulu soumettre à un grand chancelier impérial les secrétaires des chancelleries bohème et hongroise. La Chancellerie bohème reste, selon la définition de la constitution de 1627, une Direction nationale chargée de régler les questions politiques et juridiques communes aux pavs de la couronne de Saint-Venceslas; son chef est un membre délégué de la Lieutenance de Prague, et, comme les autres hauts fonctionnaires du ro3^aume, il est nécessairement pris parmi les seigneurs qui ont droit de siéger à la diète.

Peut-être l'affection de Ferdinand III pour Slavata contribua-t-elle à accroître l'influence de la Direction qu'il présidait. Il est certain dans tous les cas que dès lors l'autorité delà Chancellerie bohème s'affermit et que sa compétence s'étend. Dès iGSy, les almanachs royaux la citent parmi les commissions centrales supérieures; elle s'installe dans un bâtiment spécial (aujourd'hui le ministère de l'Intérieur), ce qui prouve qu'elle constitue bien une administration indépendante et souveraine. Ses agents deviennent plus nombreux et leur considération s'accroît; ils forment le Conseil aulique tchèque, dont le rôle est assez analogue à celui du Conseil du roi en France, à la fois Haute-Cour, Cour de cassation et Conseil d'État; ils jugent les causes qu'évoque le prince, prononcent en dernier ressort, préparent les résolutions politiques et sont chargésen général « de tout ce qui concerne le gouvernement et le bien public » ; les administrations locales se plaignent de leurs empiétements. Ce ne sont là que des querelles civiles dans lesquelles l'intérêt du royaume n'est pas engagé, puisque ce déplacement des pouvoirs ne s'opère qu'au profit d'une

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