‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 185 sur 325 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La vie intellectuelle ; Les progrès de l'allemand

Les influences étrangères : leur utilité et le danger qu'elles présentent. — Les écoles : les Gymnases et les Jésuites. Décadence complète de l'Université. — La censure. — Disparition de toute vie littéraire. — Allemands et Slaves : les Tchèques conservent à peu près leurs frontières géographiques ; infiltration de la langue allemande. — Les résistances nationales : Péchina et Balbin.

Les chroniqueurs et les moralistes tchèques du xvii'' siècle reviennent avec une sorte d'acharnement sur l'engouement inconsidéré qui porte leurs compatriotes à se mettre à l'école de l'étranger, à imiter leurs costumes et leur langage, à emprunter leurs manières et leurs tics. Il ne s'agit pas ici seulement d'un lieu commun qui a prêté partout et dans tous les temps à de stériles et ennuyeuses déclamations. Sous le règne de Léopold, l'imitation de l'étranger prend un caractère si général à la fois et si passionné qu'elle donne à l'époque une physionomie particulière. On copie, non plus comme au xvi' siècle, les Italiens, mais d'abord les Espagnols, et, à partir de 1670 environ, les Français. Malgré les bouderies de la cour où Léopold et Charles VI détestent Louis XIV, le prestige de Versailles exerce sur les imaginations une irrésistible fascination ; notre littérature attire les esprits également par ses qualités et par ses limites, par ce qu'il y a en elle de général et d'humain et par ce qu'elle renferme de strictement national et de presque impénétrable aux lecteurs du dehors ;

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