‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 19 sur 325 · Betskovsky, p · texte numérisé non relu

Betskovsky, p

nous pénétrons jusqu'au fond de la conviction des protagonistes. Qu'il s'agisse cependant des instructions que Carafa reçut du pape et de la Propagande ou de ses propres lettres, que Ton étudie les mémoires des Jésuites et ceux de l'archevêque, dans aucun des textes conservés, très nombreux, qu'ils proviennent de clercs ou de séculiers, n'apparaît le moindre doute sur le devoir du prince de ramener son peuple à l'Église, et partout éclate la conviction que, pour assurer la victoire de la papauté, la force doit être employée si c'est nécessaire. « De même, écrivent les Jésuites dans leur Défense officielle, que les princes temporels n'admettraient pas que les prélats voulussent intervenir dans les choses de leur domaine, de même, — et moins encore, — il n'est pas permis à un prince de changer ou d'ajouter n'importe quoi en matière de religion de sa propre autorité, et cela n'appartient qu'au pape ' »; ils en concluent que le souverain a la mission de mettre son autorité au service de la religion, puisque la responsabilité du mal sorti de sa négligence et de sa faiblesse retomberait sur lui. « Tout ira bien, je l'espère, écrit le Père Riimer, dès le début de l'insurrection, pourvu qu'on agisse militairement. Que Dieu inspire nos princes : on ne trouvera jamais de meilleure occasion d'enlever aux Bohèmes tous les privilèges qui sont funestes à la religion, en particulier la Lettre de Majesté, et de reprendre les églises -. » La même pensée inspire Carafa : les instructions qu'il reçoit de la Propagande visent surtout les moyens de relever la situation du clergé catholique, mais son action serait vaine dans un pays si gangrené, où il reste à peine un dixième de paroisses catholiques et où « les sectateurs de la vraie foi sont traités avec mépris et tournés en ridicule comme la lie du peuple ». La Propagande s'en remet à lui pour préparer le terrain, ne lui demande pas même des détails trop précis ; il nous dit dans ses Commentaires qu'il ne racontera pas tout par le menu : il écrit pour des gens

Page 1