LES RÉSISTANCES SLAVES
rieur mcmc du royaume. La Constitution de 1627, qui a établi en principe l'égalité des deux langues, aboutit en fait à l'abandon complet du tchèque. En Moravie, le slave est encore la langue de délibération de la diète en 1643 ; en 1660, l'allemand domine; dix ans plus tard, le tchèque disparaît complètement des procès-verbaux; presque toutes les pièces relatives à l'établissement du cadastre de 1667 sont en allemand. L'ancienne domination du tchèque n'est plus rappelée que par de vaines formules officielles, convocations, propositions royales; après cette politesse de parade, on revient à l'allemand. La population allemande d'Untchov, qui est en minorité dans la ville, demande qu'on lui envoie un prédicateur allemand qui prêchera dans la principale église : « Personne n'ignore qu'auprès de J'Empereur et dans les administrations supérieures presque tout se traite et se décide en allemand, ainsi que le prouvent suffisamment les décrets que nous recevons. »
Les seigneurs n'apprennent plus le tchèque, correspondent en allemand avec leurs employés; dans les villes, les sous-chambellans choisissent de préférence pour conseillers ceux des bourgeois qui savent l'allemand ; la mode s'en mêle : le tchèque n'est pas une langue distinguée, les élégants ne la parlent pas.
Cette injustice choque quelques conservateurs, curieux des vieilles traditions, et, dans la mesure de leurs forces, sans grand tapage, ils protestent, au nom des anciennes mœurs, contre l'imitation étrangère et, au nom de la patrie, contre l'invasion de l'idiome étranger. L'on rencontre déjà chez eux les divers éléments de la Renaissance contemporaine, le fanatisme de l'histoire et le culte des héros de l'indépendance, la haine de l'insolence germanique, la sympathie pour les classes populaires qui conservent intacts les souvenirs abandonnés par l'aristocratie, le sentiment de la solidarité des tribus slaves. Ce petit groupe a quelques représentants dans la noblesse, où il se recrute parmi ceux des seigneurs qui luttent contre les empiétements de la cour ; il est surtout composé de bourgeois et de clercs. C'est