Jam morientes sçribimus
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en lui rétoffe d'un grand écrivain et le siècle n'était pas favorable au génie. Il travaillait de son mieux à arrêter le mal et ses pages naïves et sincères ont depuis fortifié bien des convictions et entraîné plus d'un hésitant ; son Apologie est une des sources du programme national contemporain ; par là il donne la main à Comenius.
Je n'attaque personne, écrit Balbin, je n'ai de haine pour personne. Mais comment ne pas être attristé par l'ingratitude des hôtes à laquelle la Bohème a si largement ouvert son territoire! Nulle part, les étrangers n'ont reçu un accueil aussi empressé. A peine cependant sont-ils arrivés à la fortune qu'ils se retournent contre le peuple qui leur a accordé une hospitalité si généreuse, comme s'ils voulaient prouver que les Latins avaient raison quand ils désignaient du même mot l'étranger et l'ennemi. Aucun peuple n'émigre en aussi grand nombre que les Allemands; ils arrivent en bandes, et il paraîtrait naturel qu'ils apprissent notre langue. Pas du tout, ils prétendent nous imposer la leur; ils sont coutumiers du fait et ils Z' ^/ comptent nous traiter comme ils ont traité les Serbe^ei, les "S^endes qui jadis occupaient la région comprise entre l'Elbe et la mer. Leurs chances de succès seraient nulles sans la complicité imprévue de beaucoup de Tchèques L qui les favorisent par ambition, par cupidité ou par vanité et sottise, oubliant la parole de Tacite que c'est une part de la liberté d'être gouverné par les siens. Des traîtres réveillent le souvenir des anciennes révoltes pour persuader au roi que les Allemands seuls sont des sujets dévoués; j'ai entendu un de ces enragés dire que si l'on pouvait réunir tous les anciens Tchèques dans un même ' sac, il faudrait les noyer. Admirables pasteurs du peuple vraiment ! « Quel compte n'aurez-vous pas à rendre à la patrie et aussi au roi, dont vous dilapidez l'héritage. Vous avez abattu la noblesse. Des villes, vous avez fait des bourgs; des bourgs, des hameaux, et des villages, un amas de huttes ruinées, où végètent dans la misère des paysans à moitié nus et mourants de faim ! »
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Et pourquoi ce dédain du slave? Il est absurde d'}' voir un dérivé de l'allemand et il est répandu sur un si vaste territoire que le chinois seul peut à cet égard lui être comparé. De la Bohême, jetez les yeux sur une catte : vous avez devant vous la Silésie, la Pologne, la Mazovie, jusqu'à la Nouvelle Zemble, puis l'immense Russie, les Tatares de Pérékop, la Bulgarie jusqu'aux portes de Constantinople, la Serbie, la Bosnie, la Hongrie, la Dalmatie, la Croatie, rilljTie, le territoire de Venise ; partout, sur cette étendue presque infinie, c'est le slave que l'on parle. En dehors des langues sacrées, c'est la seule langue qu'emploie le prêtre à l'autel, c'était celle dont se servaient, il y a un millier d'années, les premiers missionnaires qui ont introduit dans notre pays le Christianisme, les apôtres slaves, Cyrille et Méthode. Qu'opposeront à toute cette gloire les contempteurs des Tchèques? Peut-être cet ivrogne et ce bouffi de Luther, ce sac de graisse et de bière !
Les attaques dont les Tchèques sont l'objet datent de loin. Quand Otakar succomba sous la trahison des seigneurs, quels efforts ne fit-on pas pour remplir le pays d'Allemands! Villes, bourgs, villages, tout renonçait à la langue tchèque... Et après? — Quelques vieilles familles s'indignèrent, entraînèrent le peuple, et les envahisseurs durent reculer. Les temps de misère et d'oppression sont revenus et le malheur s'est abattu non seulement sur les rebelles, mais sur les catholiques qui n'avaient commis aucune faute; la majeure partie du pays a été distribuée à des étrangers, comme un misérable lièvre jeté en pâture aux chiens; dans tout le royaume, on n'entendait qu'un mot : arrière les anciens maîtres! — Dieu même met un frein à cette fureur. Combien de ces nouveaux maîtres, si orgueilleux, ont déjà disparu, tandis que la vieille famille tchèque, appauvrie, humiliée, demeure et se relève. Et comme jadis, l'heure de joie luira après l'heure de tristesse et la langue tchèque reconquerra la place qui lui appartient. — Comment, objecte-t-on, une langue si pauvre, si corrompue! — Ignorants, lisez, avant de blas-