‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 200 sur 325 · Tome L · texte numérisé non relu

Tome L

table expédition militaire. Les rebelles n'avaient que quelques fusils et ils étaient absolument incapables d'opposer une résistance sérieuse à des troupes régulières; dès le mois d'avril 1680, Piccolomini qui avait parcouru le nord et le nord-est du pays annonçait que le calme était partout rétabli. Dans la région de l'ouest, les environs de Plzein avaient été le théâtre de rencontres sanglantes. Les bourreaux suivaient les soldats; les textes parlent de cinquante personnes qui furent ainsi pendues, écartelées et rouées, et ce n'est certes là qu'une liste fort incomplète. En outre, beaucoup d'autres qui reçurent grâce de la vie, furent cruellement fustigés ', « et autant de coups ils étaient forcés de recevoir, autant de gros ils devaient payer au bourreau pour le service qu'il leur avait rendu ». La dureté des seigneurs fut en proportion des terreurs qu'ils avaient traversées; les paysans qui avaient pris une part un peu plus active aux événements, furent longtemps poursuivis par les rancunes de leurs maîtres. En 1682, une pauvre femme, restée seule avec cinq enfants, demande la grâce de son mari : il avait invité ses compagnons à ne pas s'en tenir aux réponses des commissaires royaux, mais à s'adresser directement à l'Empereur, et ils l'avaient envo3'é à Vienne. — La supplique est écartée. — En 1686, un arrêt impérial le condamne aux travaux forcés en Hongrie; son seigneur, le comte Gallas, se félicite d'être débarrassé d'un rebelle aussi dangereux; mais son exil est un bonheur pour le pays entier, aussi demande-t-il que les frais soient à la charge de l'État et non à la sienne.

Ces rigueurs ne ramenèrent pas le calme et l'Empereur comprit la nécessité de remédier aux abus que les enquêtes, quelque partiales et incomplètes qu'elles fussent, lui avaient révélés. La patente du 28 juin 1680 est le premier de ces règlements administratifs, fort nombreux depuis lors, par lesquels les souverains s'efforcent de protéger les paysans contre les exigences les plus révoltantes de leurs

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