‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 201 sur 325 · I. " Enormiter fustibus tuere cxccpti », Chimak · texte numérisé non relu

I. " Enormiter fustibus tuere cxccpti », Chimak

maîtres. Malheureusement, les bonnes intentions des princes demeurèrent en fait purement platoniques. Nous ne connaissons pas jusque en lySS un seul cas où un agent du roi ait requis contre un seigneur à propos d'injustices dont les serfs auraient été l'objet ', ce que naturellement nous ne saurions attribuer à la modération des nobles. Les termes de la patente de 1680 manquent d'ailleurs de clarté et de précision, et la seule concession réelle qu'elle renfermât, l'interdiction d'imposer aux paysans plus de trois jours de corvée par semaine, était à peu près annulée par la clause qui ordonnait aux serfs, dans les cas « qui ne souffrent aucun délai », de fournir aux seigneurs, moyennant quelque compensation, la main d'œuvre dont ceux-ci auraient besoin '.

Il est évident que de semblables mandats étaient un palliatif très insuffisant, et il n'est pas étonnant que les troubles ruraux n'aient pas cessé. Les paysans ne renouvelèrent pas la tentative d'insurrection générale qui leur avait si mal réussi en 1680, mais beaucoup d'entre eux se joignaient aux bandes de mendiants et de voleurs; les lois, sans cesse réitérées, qui défendent aux vilains de porter des armes, et les chasses sanglantes contre les vagabonds prouvent combien la sécurité demeure faible. De temps en temps, quand la misère est trop dure ou sous l'action des événements extérieurs, des cantons entiers se soulèvent: en 1695, plus de i,3oo paj^sans prennent les armes sur les domaines de l'archevêque d'Olomouts et livrent un véritable combat aux soldats que l'on envoie contre eux; en 1697, quand on fait appel aux habitants pour arrêter l'invasion de François II Rakoczy, beaucoup d'entre eux préfèrent se joindre aux insurgés. Les seigneurs de leur côté s'habituent à ne voir dans leurs sujets que des adversaires irréconciliables contre qui toutes les armes sont bonnes; ils violent les privilèges les plus formels et

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