LA PRAGMATIQUE SANCTION 40 I
filles de Charles VI, puis à celles de Joseph P'', en troisième lieu à celles de Léopold et enfin aux diverses branches de la maison d'Autriche, toujours suivant l'ordre de primogéniture et en respectant la prééminence de la ligne masculine.
L'Empereur avait déclaré qu'il agissait en vertu de sa prérogative souveraine ; il n'était pas lui-même très convaincu de son droit et il n'eut de cesse qu'après avoir obtenu des diètes la ratification de sa décision.
Il n'avait aucun doute sur la soumission des États bohèmes. Avec raison : ils le remercièrent de l'adhésion qu'il daignait leur demander et qui, ajoutaient-ils, n'eût pas été nécessaire, puisque la loi nouvelle était conforme à la constitution de 1627 (16 oct. 1720). Ces flatteries faisaient médiocrement honneur à l'esprit politique des Seigneurs. En effet, si la Pragmatique confirmait en principe l'unité et l'autonomie de la couronne de Venceslas en laissant aux Diètes un droit éventuel d'élection dans le cas de disparition de la famille des Habsbourgs, et si elle peut ainsi offrir un argument aux patriotes tchèques qui protestent contre le centralisme actuel au nom de l'indépendance du royaume, elle rendait ce droit purement illusoire en étendant la succession en ligne féminine d'une façon presque illimitée et telle que la Constitution de 1627 ne l'avait jamais prévue. De plus, en s'engageant à maintenir l'indivisibilité de la monarchie, les Bohèmes s'obligeaient à concourir à la défense commune et substituaient ainsi, au moins dans une certaine mesure, l'union réelle à l'union personnelle. Peu importe que Charles VI n'ait pas aperçu les conséquences du vote qu'il sollicitait, ils avaient le devoir d'être plus perspicaces et d'exiger au moins en échange de leur consentement une définition précise de leurs libertés. Ils n'eurent même pas la prudence, comme les Magyars, d'introduire des clauses restrictives qui pussent permettre à la diète d'intervenir à l'occasion et garantir le pays contre les surprises toujours à craindre avec la succession féminine. Ils cru- Tome I. 26