Slavik, dans l'Osviéta, iSyS, p
2. Des incidents analogues se produisaient sur d'autres points de la monarchie et le gouvernement autrichien était fort exactement renseigné sur les causes de ce mouvement. Nous lisons en effet dans une Instruction aux autorités de Carinthie : « Il y a lieu de croire que les erreurs religieuses sont un reste de la Réforme, puisqu'elles se manifestent chez les paysans des hautes montagnes, où probablement les missionnaires et les prêtres ne se sont pas montrés souvent et où les erreurs se sont ainsi transmises de génération en génération. Mais il est certain que le mal s'est aggravé sous des influences extérieures et on a la preuve, non seulement que les sectaires étrangers ont envoyé des lettres de propagande, mais qu'ils ont expédié des agitateurs qui, par diverses ruses, augmentent le mal ancien. » Zwiedineck- Sûdenhorst, Gesch. der relig. Beweg. in Inner-Œsierreich, Archiv. f. œst. Gesch. LUI, p. 483. Zwiedineck a prouvé l'intervention du roi de Prusse, et elle ne s'explique pas uniquement par son zèle religieux.
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unissait à une sincérité profonde une vanité quelque peu brouillonne ; il exerçait une action irrésistible sur les personnes qui l'abordaient dans un esprit de foi, mais la part ^ ^dediarlatanisme, qui est nécessairement mêlée à tout prosélylîsmèT^roissait et éloignait ceux qui le jugeaient sans lîviûgTement. Il faisait volontiers parade de ses succès, qui furent modestes, si on les compare à ses rêves, mais non sans importance absolue ; son malheur fut de venir à une époque où la fièvre religieuse ne dépassait pas un cercle assez étroit et où les désirs de progrès revêtaient plus volontiers une forme assez différente *.
Élevé à Halle dans la pure doctrine piétiste, il avait retrouvé chez ses maîtres les idées répandues par Comenius et il était ainsi tout disposé à s'intéresser aux persécutés bohèmes, quand, en 1721, un charpentier de Moravie, Christian David, sollicita sa protection pour ses coreligionnaires. Ce Christian David était entré en relation avec quelques communautés dissidentes, « catholiques de nom, évangéliques de cœur », qui continuaient à enseigner que Dieu seul peut être invoqué et que le Christ est le chemin, la vérité et la vie ^ Après s'être converti au luthéranisme, il avait parcouru le ro3'aume en recherchant ceux qui partageaient sa foi : ils n'avaient qu'une pensée, échapper à l'oppression, se réfugier dans un coin paisible où il leur fût permis d'adorer Dieu selon leur cœur. Zinzendorf, à qui il rapporta leurs désirs, leur offrit un asile sur ses terres et, en 1722, trois familles, conduites par David, arrivèrent en Saxe; le 17 juin, il abattit le premier arbre et commença à élever la maison que les réfugiés nommèrent la Protection du Sauveur, Herrnhut, le centre de la nouvelle Unité des Fi'ères Moraves. Le départ de ces fugi-
1. V. Pariset, l'Etat et les Églises de Prusse, p. 728 et sq. Le livre de M. Pariset, conçu dans un esprit rigoureusement scientifique, complète et corrige les hagiographes. Je ne saurais cependant me rallier complètement à ses conclusions. Il est trop sévère pour Zinzendorf et il atténue, jusqu'à le nier complètement, le caractère religieux des émigrations à cette époque.
2. Mûllcr, De l'intime relation de la nouvelle Eglise des Frères avec l'Unité bohème; — Journ. du Musée bohème, i885,
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tifs provoqua une enquête, qui, en augmentant les craintes des paysans, entraîna des désertions plus nombreuses. La Communauté des Frères fut troublée au début, comme il arrive d'habitude, par des dissidences religieuses qui déterminèrent diverses scissions; elle vécut cependant et reçut son organisation définitive quand, en 1735, l'évê-^ que de l'Unité, Jablonski, le petit-hls (3ë~Comenius, consacra David Nitschmann; Zinzendorf fut à son tour ordonné évêque en 1737.
nés allées et venues des émissaires, la recrudescence de l'émigration, la formation sur la frontière de communautés protestantes qui devenaient un dangereux foyer d'appel, alarmèrent le gouvernement. Sous Léopold, il s'en était remis au clergé du soin d'étoutVer l'hérésie et il lui avait accordé les droits les plus étendus : il le jugea décidément incapable d'arrêter le mal et résolut de se substituer à lui. La responsabilité des dernières persécutions remonte ainsi beaucoup moins à l'Église qui ne les avait pas sollicitées,
qu'au souveraînTTEmpereur ne voulait pas que ses voîsms~Fenrichissent à ses dépens en lui enlevant ses serfs, et il n'entendait pas tolérer l'existence de sectes qui, à un moment donné, pouvaient être Tavant-garde des envahisseurs.
Charles VI ne s'élevait pas au-dessus des idées moyennes acceptées par la majorité de ses contemporains. Son père avait pour lui une prédilection particulière qu'il ne dissimulait pas, parce qu'il se reconnaissait absolument en lui, avec ses goûts d'érudition, sa passion pour la musique, sa gravité majestueuse et calme, son horreur de toute initiative et de toute décision rapide. Il lui avait donné pour gouverneur un jésuite, Braun, qui avait pour mission de le préparer à régner sur l'Espagne; Charles avait été de suite à l'aise dans ce pays de piété farouche, de loyalisme superstitieux et d'étiquette rigide; il n'oublia jamais les années qu'il avait passées à Barcelone et conserva jusqu'à sa mort une tendresse extrême pour les Espagnols qui l'avaient suivi. Ils l'entretenaient dans la conviction que tout héré-
tique est un traître, et il frappait les sectaires avec une rigueur d'autant plus implacable qu'il n'avait pas abdiqué ses lointaines ambitions et que, pour soutenir les aventures dans lesquelles il était sans cesse sur le point de s'engager, il avait besoin d'être sûr de l'obéissance unanime de ses peuples. Il n'est nullement nécessaire de lui supposer des instincts féroces : ce gros homme, ventripotent, qui, pendant toute sa vie, erra de pèlerinages en villes d'eaux pour obtenir un fils, d'esprit lent et d'intelligence bornée, appliquait avec une conscience étroite les traditions de sa famille et les doctrines de l'époque. Nous sommes beaucoup trop disposés à juger le commencement du xvni^ siècle par Ba3de et\ les Lettres persanes : les idées de tolérance et de scepticisme ne conquirent l'opinion que lentement et elles n'avaient pas atteint les gouvernements; à aucune époque les décrets contre les protestants n'ont été plus durs qïïe^sôusTè^gouvernement du duc de Bourbon ; en Allemagne de même, plusieurs dynasties poursuivent la conversion de leurs, sujets avec plus de zèle que d'humanité. Il n'y avait vraiment aucune raison pour que la cour d'Autriche eût une conception plus haute de ses intérêts et de ses devoirs.
A partir de 17 17, une série de rescrits impériaux ordonnent de détruire les livres hérétiques, de rechercher les émissaires suspects, de punir les assemblées illicites; ils sont résumés et complétés par le terrible mandat du 28 décembre 1725 '. Les paysans et les bourgeois, coupables du crime public d'hérésie, seront condamnés à un an de travaux publics et, s'ils ne se convertissent pas, retenus une seconde et une troisième année; après quoi, s'ils persistent dans leur erreur, on prononcera leur relégation ', après en avoir référé à l'Empereur; ceux qui revien-
1. II a été public souvent, entre autres par Gindely, die Proccssirung iler Hœretiiier, p. 24.
2. Il y a dans le décret quelque obscurité. Gindely semble croire que l'hérétique obstiné était exilé, mais la plupart eussent accepté cet exil comme une délivrance; le texte parle bien de l'expulsion (des Landes verwiesen), mais il ajoute : « Avant de procéder à la relégation », ce qui me paraîtrait indiquer la déportation dans une autre partie de l'Empire et ce qui serait plus conKornic aux pratiques ordinaires,
dront, seront punis de mort ; ceux qui se convertiront, seront autorisés à rentrer chez eux, placés sous la surveillance du curé et des autorités civiles, et, en cas de nouvelle défaillance, envoyés aux galères. Les femmes relapses et les vieillards ou les infirmes seront fouettés et expulsés, leurs biens livrés au seigneur. Les personnes dans la maison desquelles auront été tenues des assemblées interdites, celles qui introduisent et répandent des livres hérétiques, accomplissent des fonctions ecclésiastiques ou subornent leurs voisins, seront mises à mort; quiconque les dénoncera, recevra une récompense de cent écus, et quiconque les livrera, de trois cents. Les seigneurs et leurs agents écarteront tout ce qui est contraire à la religion catholique, et la moindre négligence sera sévèrement punie; les employés des nobles et les autorités municipales jureront de demeurer fidèles à la foi romaine et veilleront à ce que les paysans accomplissent régulièrement leurs devoirs religieux; les parents dont l'orthodoxie est suspecte, perdront la garde de leurs enfants, qui seront confiés à des tuteurs ou à des maîtres catholiques.
Ce que poursuivait Charles VI, c'était le « crime contre l'état ». En s'attribuant le pouvoir de juger et de frapper l'hérésie, il rejetait au second plan les autorités ecclésiastiques et les réduisait au rang d'une administration policière ; par une conséquence logique, il réclamait sur elles un droit de surveillance, leur prescrivait leur conduite, leur reprochait assez durement leurs négligences. Il forme ainsi la transition entre Ferdinand II et Joseph II, et tous les trois partaient en somme d'un même pHrïcîpe, étaient convaincus que l'État a la direction suprême des consciences ; la seule différence, c'est que Ferdinand II est le fils humble et soumis de l'Église dont il ^^ce2te saj;ègle dévie, tandis que plus tard l'État devient Ifrpropû^e^neTquFlês'TôTs qui ne voient plus dans le clergé qu'un instrument et non un guide, se croient autorisés à lui imposer leur propre pensée. Charles VI était encore personnellement très pieux et aucune pensée de
rébellion n'approcha jamais de son cœur; il considérait du moins que ses obligations envers l'Église lui constituaient sur elle une sorte de suzeraineté; à ce point de vue aussi, il s'était imbu des traditions espagnoles et, comme Philippe II, il eût volontiers traité le pape comme son sacristain.
L'archevêque de Prague, Ferdinand de Khlinbourg, s'émut de ces empiétements. Comme la Lieutenance de Bohême ne tenait aucun compte de ses réclamations, il chargea son confesseur, un jésuite polonais, Wietrovsky, de porter ses doléances à Vienne. On l'y reçut assez mal ; le Chancelier de Bohême, le comte Schlick, accusa Tévêque, qui réclamait l'instruction des procès d'hérésie, de vouloir introduire dans le royaume l'Inquisition romaine; l'Empereur s'abrita sous l'exemple de Louis XIV et il ordonna à la Lieutenance de passer outre; « il espérait que le clergé ne résisterait pas à ses résolutions royales; dans tous les cas, il trouverait le moyen de faire observer ses ordonnances ainsi qu'il convenait ». Khiinbourg, assez mal soutenu par ses prêtres et abandonné par la Curie, se soumit, et dès lors les autorités laïques et ecclésiastiques rivalisèrent de zèle dans la persécution.
Elle fut conduite si brutalement qu'on a prétendu que, même sous Ferdinand II, les hérétiques n'avaient pas été exposés à de pires souffrances. La vérité, c'est qu'elle fut menée plus méthodiquement, que l'administration était mieux outillée et qu'il fut ainsi beaucoup plus difficile aux dissidents d'échapper aux poursuites. Qu'ils fussent encore fort nombreux, nous en avons la preuve dans une lettre de l'Empereur du 8 mars 1727, d'après laquelle 4^0 personnes étaient sous le coup d'un procès d'hérésie à Prague ou dans les environs. Les procédés employés furent ceux qu'il est permis de supposer avec les mœurs du temps. « Les actes de violence ne manquèrent certainement pas, écrit Zwiedineck-Sudcnhorst à propos de l'Autriche intérieure : le clergé paraît avoir été à cette époque dans un état de complète décomposition; le gouvernement voyait
dans chaque hérétique un rebelle; les prêtres, les juges, les administrateurs regardaient les sectaires comme la lie de la population et ils croyaient parfaitement légitime de leur faire sentir de la manière la plus dure l'ennui que leur causaient les tracas et les écritures de ces enquêtes ». Il n'en fut pas autrement en Bohême : des centaines de personnes furent jetées en prison, mises au fer, battues de verges, exilées.
On fouetta des jeunes filles qui avaient essayé de s'enfuir, des femmes enceintes. Deux sœurs qui avaient réussi à sortir du royaume, eurent l'imprudence d'y revenir; on les garda en prison dix-huit mois : elles recevaient pour vivre deux sous par jour; le missionnaire, impatienté de leur obstination, réduisit la somme à un sou, interdit rigoureusement de leur rien apporter; elles avaient l'ordre de s'agenouiller au moment où la cloche annonçait l'élévation; comme elles refusaient d'obéir, elles reçurent vingt coups de bâton, une autre fois cinquante coups de fouet. — En 1 728, on arrête un certain Urbain, chez qui on avait saisi des livres hérétiques, et, après neuf mois de prison préventive, on le condamne à un an de travaux forcés; sa peine terminée, il s'enfuit en Saxe : on arrête alors sa femme et ses enfants, on les garde trois mois en prison et, pendant ce temps, on les bat cruellement, pour les forcer d'avouer qu'ils ont été élevés dans l'hérésie par leur père.
Certains actes nous révèlent chez les persécuteurs une sorte de folie furieuse, cette démence cruelle qui s'empare des hommes médiocres, quand on brave leur autorité. Les prisonniers, après avoir été passés par les verges, sont jetés dans des cachots immondes, et la vermine se met dans leurs plaies ; un jeune homme est plié dans un tonneau, de sorte que son dos seul en sorte, et fustigé jusqu'au moment où il perd connaissance. — ATcherekvitse, un paysan est fouetté à plusieurs reprises et il* n'a pas sur le corps une place intacte; après un an de prison on le remet en liberté; quelque temps plus tard, le curé le dénonce de nouveau : il conserve des livres hérétiques ; on le jette dans un cachot,
les fers aux mains, et, comme il refuse de se convertir, le doyen, de peur que son exemple ne séduise d'autres coupables, le fait empoisonner : on raconta qu'il s'était suicidé et son corps fut enterré dans un carrefour'. — Un gardechasse qui avait blasphémé Saint-Jean Népomucène est pendu et son cadavre brûlé ".
Dans les régions de Ghrudim, de Nachod, de Litomychl, de Kralové-Hradets, de très nombreux suspects furent ainsi mis en prison, dépouillés de leurs tenures, envo3^és à l'armée. A Opotchno, sur les domaines du comte CoUoredo, quelques centaines de dissidents, exaltés sans doute par l'agitation générale, avaient demandé qu'on leur remît une église abandonnée, pour y célébrer leur culte; on répartit dans leurs villages quelques compagnies de soldats qui soumirent les habitants aux plus durs traitements ; quatre-vingt-dix-huit paysans furent condamnés à des peines plus ou moins élevées ; quelques obstinés persistèrent dans leur erreur et demeurèrent en prison ; les autres, après avoir subi leur châtiment, revinrent à Dieu ^. — Une sorte de terreur planait sur la Bohême orientale. Les Jésuites venaient
1. Je ne vois aucune raison de contester la réalité de ce fait. V. Rézek, p. 71. D'ailleurs, que Kazda ait été empoisonne par un prêtre qu'emportait un zèle aveugle ou qu'il ait été poussé au suicide par le désespoir et les mauvais traitements, la différence n'est pas bien grande.
2. Ces violences provoquèrent les réclamations des Protestants d'Allemagne et la cour ordonna une enquête. Le rapport du capitaine de Kralové-Hradets, rédigé à cette occasion, a servi de base au récit de Bilek. Je ne vois pas bien pourquoi le capitaine n'aurait pas dit la vérité, ce qui d'ailleurs n'exclut pas la possibilité d'erreurs de détail. Le Père Svoboda a cherché à infirmer son témoignage par celui du comte Chafgotch, qui tut chargé d'une contre-enquête et qui déclare que « ces plaintes sont en partie sans fondement, en partie exagérées ». Il est évident que le rapport apologétique de Chafgotch ne saurait inspirer la moindre confiance. — Il avoue d'ailleurs qu'il est impossible de nier que les autorités temporelles et spirituelles ont été entraînées trop loin par leur zèle et ont traité beaucoup d'hérétiques avec une rigueur excessive; émus par ces abus, la Licutcnance du royaume, l'archevêque de Prague et l'évêque de Hradets ont déjà ordonné à leurs subordonnés de procéder avec plus de modération.
3. Sur ce curieux incident d'Opotchno, qui se rattache au mouvement piétiste dont un pasteur bien connu à cette époque. Libcrda, était le centre, nous trouvons des renseignements précis dans le Mémoire que Jean Klugar a ajouté à son Catéchisme (Prag., 1747), et qui est un des textes les plus précieux pour l'étude des idées religieuses en Bohême au xviii" siècle.
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d'introduire dans le royaume la formule de salutation dont les paysans se servent encore aujourd'hui : « Gloire à Jésus- Christ. — Dans les siècles des siècles! Amen. » Quiconque ne l'employait pas était immédiatement suspect. On est heureux, au milieu de ce déchaînement de barbaries, d'entendre s'élever la plainte du curé de Vysoké-Myto qui demande au Consistoire métropolitain que les missionnaires et le clergé traitent les paysans avec plus de douceur et évitent des cruautés qui n'ont d'autre effet que d'aigrir les esprits. Il est certes infiniment probable que la responsabilité la plus lourde retombe sur les laïques, et Rézek remarque avec raison que la présence du jésuite Fiom au milieu des soldats qui torturent les serfs d'Opotchno, ne suffit pas à démontrer qu'il ait approuvé leurs procédés. Malheureusement d'autres témoignages semblent bien établir que tous les missionnaires au moins n'échappèrent pas à la contagion de la férocité : le Père Firmus, pour forcer les inculpés à révéler où ils avaient caché leurs livres, leur tirait les cheveux et les oreilles et leur marchait sur les doigts avec ses gros souliers auxquels il avait eu soin de faire ajouter des clous '.
Il eût été difficile de mieux servir les intentions des princes voisins qui cherchaient à augmenter le nombre de leurs laboureurs au détriment des Habsbourgs. Le Grand- Électeur et Frédéric I" avaient fait de la Prusse un lieu de refuge; Frédéric-Guillaume I", dont l'orthodoxie était plus étroite, n'accueillait pas sans remords ces étrangers : leur credo était sommaire et leur doctrine flottante, mais l'avidité était chez lui plus forte que les scrupules et il rassurait sa conscience en se promettant de ramener à la véritable foi ceux qui se fixeraient sur ses terres. A partir de 1718, une série de patentes offrent un asile en Prusse « aux serviteurs du Christ qui souffrent pour la vérité ». L'émigration bohème, qui dure pendant tout le règne de Charles VL prend une importance particulière après