I. Rézek, p
1732, à la suite de l'émotion causée par la fuite en masse des laboureus du Salzbourg. Le roi de Prusse, qui garde moins de ménagements depuis que ses relations avec Charles VI sont devenues moins bonnes, est très habilement servi par quelques pasteurs, Liberda, Litochleb et autres « Berlinois ». « Il me serait agréable, écrivait-il en 1735, que les Tchèques fussent assez nombreux pour occuper toute une rue '. » Jusqu'en 1737, il en arriva environ 1,200 qui s'établirent à Berlin même et, dans les environs, à Rixdorf.
Le Corps Évangélique allemand s'était ému : à quoi bon des violences qui préparaient de nouveaux adeptes « à l'incrédulité et à l'impiété, aussi dangereuses pour la royauté que pour l'Église! » Charles VI repoussa très nettement cette intervention : les coupables étaient des paysans et les clauses du traité de Westphalie qu'on invoquait en leur faveur, ne s'appliquaient pas à eux; de plus, ce n'étaient pas de véritables Evangéliques, mais des sectaires dangereux, imbus des anciennes croyances hussites. — Au point de vue diplomatique, sa réponse était irréfutable et le Corps Évangélique n'insista pas. L'Empereur, plus ému cependant qu'il ne voulait l'avouer, comprit la nécessité de revenir à des procédés moins brutaux. Sans doute les violences ne cessèrent pas : — « Ne nous accusez pas, dit un missionnaire, ne vous irritez pas contre nous, si parfois nous apportons quelque rigueur à vous inculquer la vérité : nous vous aimons, nous voulons pour vous ce que nous désirons pour nous-mêmes. Ce \ I n'est pas contre nous qu'il faut vous irriter, si nous ne vous laissons pas périr dans l'erreur; prenez- vous en à Dieu lui-même qui punit sévèrement les mauvais pasteurs et les menace de sa colère en leur disant : vous n'avez pas corrigé ceux qui se trompaient, vous n'avez pas sauvé ceux qui périssaient. » — Plus d'un prêtre, pour ne pas compromettre son salut, se résignait à frapper durement