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DESTRUCTION DES LIVRES 4l5
les sectaires. Encore en 1748, on condamne au bûcher Jean Pitha, judaïsant, relaps et blasphémateur. Il avait jusqu'aux derniers jours refuse de reconnaître son erreur, quand le jésuite Koniach glissa sous son oreiller de saintes reliques. Pitha se réveilla quelques instants plus tard et, sans même attendre le matin, demanda un prêtre; il se confessa et mourut repentant sur le bûcher'. — En résumé cependant, de semblables exécutions deviennent plus rares et, bien que le règne de Marie-Thérèse oft're encore de nombreux exemples de rigueur, une pratique plus douce se répand. On éloigne les missionnaires les plus fougueux ", et l'archevêque Manderscheidt, modéré, sans ombre de fanatisme, recommande à ses prêtres d'éviter les violences; on s'aperçoit, comme après le règne de Ferdinand II, que toute cette agitation précipitée a été plus funeste qu'utile et on s'efforce d'agir davantage par la persuasion, de gagner les âmes plutôt que de les contraindre.
Sur un point du moins la loi reste inflexible : l'interdiction absolue de conserver des livres suspects, et on les poursuit avec plus de vigilance que jamais. — « Vous vous indignez de nous voir vous demander vos livres, écrit un Jésuite, les rechercher, les déchirer, les brûler, vous nous accablez de votre colère, vous vous arrachez les cheveux de la tête; mais si vous saviez qu'un mets agréable, sucré, savoureux, renferme du poison, le laisseriez-vous à vos enfants ? Ils auraient beau pleurer et se lamenter, vous le leur arracheriez vite de la bouche. Et vous vous étonnez que nous, vos pères spirituels, par amour chrétien et pour obéir à nos devoirs de pasteurs, nous vous refusions cette nourriture toute pétrie de poison infernal! La prudence ne saurait être excessive, quand la moindre négligence est dangereuse; même les livres de science et de médecine doivent être proscrits, dans lesquels se cache peut-être