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LES PRÉDICATEURS

ceux qui lui désobéissent '. — Ces affirmations ne signifient pas grand'chose et les arguments dont Klugar les étaie ont le même caractère aphoristique. Évidemment, chez les Jésuites, le sens critique s'est atrophié, leur conviction est si complète qu'ils s'imaginent qu'ils prouvent la vérité en la répétant.

N'y a-t-il même pas déjà un danger dans ces timides appels à la raison ? — Chez les Pères, la discussion fait bien vite place aux déclamations sentimentales ; ils s'adressent aux nerfs, à l'imagination, non pas à la réflexion ^ Koniach avait composé quelques recueils de poésies; son biographe nous dit que dans le nombre quelques-uns de ses vers sont bons, ce sont les cantiques empruntés aux anciens recueils tchèques. D'autres sont consacrés à une description de l'enfer: « Si terribles sont ces bourreaux, les démons, qu'on ne saurait les décrire. Plus noirs que les corbeaux, cornus comme les boucs, on dirait à les voir de vraies bêtes sauvages. De leur gueule, de leurs yeux, la nuit, le jour, ils crachent d'horribles flammes. Quand ils commencent à accorder leur voix, hélas! Quelle musique! Les cheveux se dressent sur la tête; qui les entend, prend la fuite. Les croix, les tenailles, les gibets, les roues, les marteaux, ce n'est qu'un lugubre grincement! Les bûchers, les grils, les chaînes ! Quels épouvantables gémissements ! On entend des craquements sinistres, des hurlements atroces, des mugissements épouvantables. On dirait le grondement de la mer furieuse, ou le fracas d'arbres qui s'écroulent les uns sur les autres ou Sodome qui brûle. » — L'éloquence de Koniach est d'ordinaire plus sobre; il ne dédaignait pourtant pas ces effets, puisque, si nous en croyons Peltzel, plusieurs de ses auditeurs furent si frappés par ses descriptions de l'Enfer et du

1. Klugar, Catechismus seu doctrina Romano-catholica per quaestiones proposita ad supprimendam pravitatem haereticam., 1746, pp. 29, 363, 480.

2. « Cent fois mieux fait celui qui lit et écoute ces exemples, dit un prédicateur, que celui qui demande qu'on lui explique tout par des arguments probants et qui examine chaque chose avec sa raison » > Vltchek, p. 34).

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