Wolf, Gesch, Bilder, p
rière, marchaient les gouverneurs et un grand nombre de seigneurs ' ». De toutes les parties du pays, depuis l'extrême frontière de Silésie et de Moravie, arrivèrent descentainesde pèlerinages ; les auberges regorgeaient de voyageurs et des milliers d'étrangers passaient la nuit dans les cours des couvents, sur le parvis des églises; la ville retentissait d'alléluias et de Te Deum ; les cent églises de la métropole envoyaient vers le ciel la fanfare triomphale de leurs cloches; sur le pont de Charles, autour de la statue du Saint étincelante de cierges, une foule compacte priait et pleurait, tandis que des rives ou des îles de la Vltava, des fusées illuminaient la nuit et que trente canons et de nombreux mortiers lançaient leurs détonations. Pendant les huit jours, on célébra dans l'église archiépiscopale 82,000 offices, et 186,000 personnes reçurent la commu-' nion ^. On éleva au Saint un tombeau d'argent, qui pesait trente-six quintaux et qui est encore une des curiosités de la cathédrale. Le 16 mai fut dès lors, avec le 28 septembre consacré à saint-Venceslas, une des grandes fêtes de la Bohême et il n'est pas rare encore de rencontrer sur le pont de Charles des troupes de paysans accourus du fond de leurs villages pour implorer la protection et mériter les grâces du martyr.
Ces pompes grandioses avaient donné une ardeur nouvelle à la propagande catholique. De nouveaux Ordres religieux s'établissaient dans le pays, les anciens rivalisaient de magnificence et de luxe. Tandis que le grand architecte Ignace Dienzenhofer termine Saint-Nicolas de la Petite Ville, dans les divers quartiers de la capitale de nouvelles églisessortent de terre. Laurent Reincr, un véritable artiste, un des plus grands du siècle, étend sur leurs voûtes et leurs murailles la chatoyante théorie de ses fresques, et Pierre