‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 227 sur 325 · LE DESPOTISME ÉCLAIRÉ · texte numérisé non relu

LE DESPOTISME ÉCLAIRÉ

séquence facile à prévoir, l'excès même de sa victoire suscite des résistances, d'abord timides et isolées, mais qui vont trouver un appui inattendu dans les événements extérieurs. Les guerres qui remplissent la première partie du règne de Marie-Thérèse, inaugurent une période nouvelle de l'histoire de l'Autriche et de la Bohème. D'une part, elles brisent les barrières soigneusement entretenues par les Jésuites et rétablissent le contact si longtemps interrompu avec l'Europe occidentale ; de l'autre, elles imposent au gouvernement l'obligation d'abandonner le système d'oppression sournoise et nonchalante qui lui a suffi jusqu'alors. Le despotisme éclairé succède à l'absolutisme catholique et traditionaliste. Aucune période n'a laissé parmi les Tchèques de souvenirs plus odieux, et leurs rancunes s'expliquent, parce que jamais leur indépendance politique et leur existence nationale n'ont subi un assaut plus redoutable. Ils auraient tort d'oublier que ce despotisme éclairé a été la condition du réveil contemporain. Sans doute, quand on s'amuse à rêver ce qui aurait pu se produire, il n'est pas difficile d'imaginer des conjonctures plus favorables et des combinaisons qui auraient abouti à un résultat analogue avec moins de danger et par un détour moins lointain. Mais si l'on songe à la léthargie dans laquelle était tombé le peuple, on juge avec plus d'équité et de S3^mpathie les hommes qui, quelles que fussent leurs intentions dernières, surent au moins imprimer aux âmes une secousse salutaire et rendre à la nation le goût et la force de vivre.

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