‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 236 sur 325 · LE TRAITÉ 1>E BRESLAU · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ 1>E BRESLAU

tion entre la Baltique et la Mer Noire ; en même temps qu'il dominait la vallée de la Morava qui aboutit à Vienne, il tenait par le bastion de Glatz les têtes de route qui descendent en Bohême vers le bassin supérieur de l'Elbe. « On reconnaît, a dit Vidal de Lablache, dans la manière dont fut dessinée ici la frontière, la main d'un vainqueur prévoyant qui se ménage une base pour de futures attaques. )) C'est par ces routes que le prince ro3'al, en 1866, déboucha par Gabel et Nachod sur Kœniggrœtz.

Les Saxons imitèrent les Prussiens, et les Français, complètement isolés, furent rapidement refoulés sur Prague. Broglie, qui avait perdu l'occasion de battre le corps d'armée autrichien qu'il avait devant lui pendant que la majeure partie des forces ennemies était occupée par les Prussiens, fut surpris à Pisek ; si Charles de Lorraine avait été plus actif, Broglie n'eût pas sauvé un régiment. Il arriva à Prague en fort mauvaise condition,, sans bagages; ses soldats n'avaient dans les mains que des bâtons et, déconfits, geignaient : Mon Dieu ! Pisek. — Le mot resta, servit pendant longtemps à désigner une panique. Le 24 juin 1742, les hussards autrichiens paraissaient sous les remparts de Prague, et Fleury, piteusement, implorait la modération de Marie-Thérèse. Il connaissait mal cette âme altière et vindicative : elle exigea que la garnison de la ville se rendît prisonnière, le reste de l'armée s'engagerait à ne pas servir pendant trois ans contre la reine. C'était exploiter sans générosité une victoire qui n'était pas certaine. Broglie et Belle-Isle commandaient encore une trentaine de mille hommes et, bien que les remparts fussent en mauvais état, ils pouvaient résister assez longtemps pour donner à une armée de secours le temps d'arriver.

Le siège de Prague, qui dura des premiers jours de juillet à la mi-septembre 1742, a dans l'histoire militaire une certaine renommée, qu'il ne mérite à aucun degré. La défense fut à la hauteur de l'attaque, c'est-à-dire des plus médiocres. Broglie vivait dans une perpétuelle admiration de son génie, qui ne le préservait pas des plus lourdes sot-

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