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LE SIEGE DE PRAGUE

tises. Heureusement que les Autrichiens ne poussèrent les .travaux qu'avec une mollesse extraordinaire et lui laissèrent le temps de relever le moral de ses troupes. Les officiers étaient braves, ils ordonnèrent quelques sorties qui furent conduites avec entrain : il s'agissait de parader devant les demoiselles de Prague, qui de loin assistaient aux escarmouches. Nous sommes une race qui aime bien les femmes, écrivait Maupassant : toutes ces campagnes d'Autriche et d'Allemagne semblent souvent n'être qu'un commentaire de cette phrase. De là, certaines rancunes implacables; de là aussi, des S3'mpathies qui n'avouent pas, que l'on sent, malgré tout, et aussi les épisodes amusants, troubadours, qui courent comme de jolies arabesques sur la gravité et la tristesse des événements. Les Autrichiens étaient consternés par la furie de ces attaques qui ne rimaient à rien : d'après les lettres de Broglie, dès que les Français paraissaient, les assiégeants prenaient la fuite et leurs officiers ne réussissaient pas à les ramener au combat. Le siège se transforma peu à peu en blocus; les assaillants continuaient cependant le feu, faisaient un tapage infernal, peu de besogne.

Les assiégés souffrirent de la faim plus que de l'artillerie ennemie. Encore convient-il de ne pas prendre les choses au tragique. On lit aujourd'hui sur la Manutention militaire de la Rue Pavée à Prague une inscription française qui date de cette époque : l'art de vaincre est perdu sans l'art de subsister. Séchelles et Belle-Isle avaient compris un peu tard le sens profond de cet adage, et, au moment où les Autrichiens parurent, la place était assez mal ravitaillée; la lenteur des Impériaux leur permit de réparer en partie leur négligence et ils fourragèrent utilement dans les environs. La viande manqua assez vite et, comme le foin était rare, on mangea les chevaux : — « les soldats ont eu quelque peine à s'y habituer, écrit De Broglie, mais à présent ils en mangent comme si c'était du bœuf, et cela n'a causé jusqu'ici aucune maladie. — On ne mange que du cheval à ma table, où il y a toujours plus de 5o à Go offi-

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