LE SIÈGE DE PRAGUE 47 D
escadrons de cavalerie; des coups de fusil furent échangés, les plus acharnés furent arrêtés.
Pendant le siège de Prague, un des rares partisans de l'Électeur qui se fussent sérieusement compromis, le baron David, essaya de rallumer Tincendie, et au mois de juillet 1742, il répandit quelques milliers d'exemplaires d'une proclamation écrite en tchèque et en allemand, où Ton promettait la liberté aux volontaires qui prendraient les armes pour Charles-Albert. Il était trop tard et ces promesses posthumes n'eurent qu'un bien faible retentissement; ce qui prouve cependant combien le point était sensible, c'est l'épouvante que causa à Vienne cette tentative, si frivole cependant et si timide. — Marie-Thérèse répondit à cet appel à l'insurrection par une patente où elle rappelait que les Bavarois avaient commencé par ruiner le pays et qu'il ne leur coûtait pas grand'chose de se montrer généreux, maintenant qu'ils étaient à bout de ressources; elle promettait aux paysans d'écouter leurs doléances et d'adoucir leur misère; elle ordonnait de brûler la proclamation et d'envoyer à la potence ceux qui la distribueraient. Il y eut quelques exécutions ; elles étaient inutiles. Pas plus que les Habsbourgs, leurs adversaires n'avaient compris la force qu'ils eussent trouvée dans une politique d'humanité et de justice, et les espoirs qu'ils avaient déçus se retournaient contre eux. Les Français n'avaient à compter que sur eux-mêmes, au milieu d'un pays appauvri et irrité.
L'approche de Maillebois avec une armée de secours leur valut quelque répit : le duc de Lorraine abandonna le siège de Prague (14 septembre) pour marcher à sa rencontre. Broglie écrivait à Fleury qu'il ne « devait pas être en peine d'eux; l'armée est bien aguerrie et a bonne volonté; les hommes et les chevaux ont la subsistance en abondance ; il nous vient des vivres de tous les côtés et de toute espèce, de sorte que nous commençons à avoir autant d'abondance que nous avons eu de disette ». — Cette éclaircie ne dura guère. Maillebois battit piteusement en