‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 241 sur 325 · CAPITULATION DE CHEVERT · texte numérisé non relu

CAPITULATION DE CHEVERT

retraite et Lobkovits, avec une vingtaine de mille hommes, rétablit le blocus. Les souffrances de ce nouveau siège furent beaucoup plus réelles ; tout manquait : la viande, le riz, le bois; pour se chauffer, les soldats brisaient les meubles, arrachaient les boiseries. Il n'était cependant pas impossible de se maintenir encore quelque temps. Mais les assiégés n'attendaient plus aucun secours, et Belle-Isle, pour échapper à une capitulation tôt ou tard inévitable, essaya de ramener en Allemagne les débris de son armée. Il sortit facilement de la ville : Lobkovits, averti de son dessein, n'avait pas cru à cette résolution folle, et les Autrichiens étaient dispersés sur la rive droite de la Vltava. Les quelques escadrons de cavalerie ennemie qui battaient le pays, étaient d'ailleurs plus que suffisants pour jeter le désarroi dans les régiments de Belle-Isle, désorganisés et affaiblis par les privations ; pas de provisions, le froid était devenu terrible, on enfonçait dans la neige. Quand les Français arrivèrent à Eger, après dix jours de marche, ils avaient perdu le tiers de leur effectif; ce qui restait, était hors d'état de combattre. Il ne fallait pas moins que l'outrecuidance du maréchal pour représenter comme un succès cette lamentable déroute.

Il avait laissé à Prague 6,000 blessés ou malades. Chevert, qui les commandait, répondit aux sommations de Lobkovits que, plutôt que de se rendre à merci^, il brûlerait la ville et se retirerait sur le Vychehrad, pour y mourir en combattant. Il était homme à tenir parole. Le général autrichien était mal renseigné sur les forces réelles de la garnison, dont les bourgeois épouvantés lui exagéraient la solidité ; il avait aussi quelque" sympathie pour ces braves gens qui défendaient si fièrement l'honneur du drapeau. Il accepta les propositions de Chevert : les malades et les blessés incapables de suivre l'armée demeureraient prisonniers, les autres recevraient les honneurs de la guerre et seraient conduits à Eger aux frais de Marie- Thérèse. Le 2 janvier 1743, les Autrichiens étonnés virent défiler devant eux 4,800 soldats de toutes armes, la plu-

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