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LES RETOURS DE FRÉDÉRIC II

il est impossible que tout soit prêt. — La reine le réprimanda vertement : à Presbburg, il y avait encore moins de temps ; la diète de Prague n'est pas d'une telle importance qu'en Hongrie où tout a été terminé en trois jours; l'Électeur a laissé moins de temps encore ». — « J'ai apporté la couronne disait-elle; elle est plus lourde que la couronne de Hongrie; on dirait un casque de fou. » Que signifiait, dans de pareilles conditions, le serment par lequel elle s'engageait à respecter les privilèges et l'intégrité du royaume!

Il était à ce moment même menacé d'un nouveau démembrement. Le 28 juillet 1742, le traité de Berlin avait confirmé les préliminaires de Breslau et les conquêtes de Frédéric n. Mais le roi de Prusse n'avait pas été longtemps satisfait de son butin: dans les négociations, il insista pour obtenir une partie du cercle de Kralové-Hradets. Marie- Thérèse déclara que, plutôt que d'y consentir, elle était prête à s'enterrer sous les ruines de Vienne. Pour le moment Frédéric H se résigna, mais les Hohenzollern ont toujours été très économes et, quand une idée ne leur semble pas mûre, ils la mettent de côté pour l'avenir. Le roi était encouragé dans ses ambitions par la facilité avec laquelle ses nouveaux sujets avaient accepté sa domination.

Si tôt que Frédéric parut Dans la Silésie étonnée,

a écrit Voltaire,

Vers lui tout un peuple accourut,

En bénissant sa destinée.

Il prit la fille par la main.

II caressa le citadin,

Il flatta la sottise altière

De celui qui dans sa chaumière

Se croit issu de Witikind.

Aux huguenots, il fit accroire

Qu'il était bon luthérien ;

Au papiste, à l'Ignacien,

Il dit qu'un jour il pourrait bien

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