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LES PRUSSIENS A PRAGUE

accordé; si les fournitures n'arrivaient pas à heure fixe, les autorités étaient frappées d'amendes considérables ou envoyées au cachot. Les contributions accablantes n'empêchaient pas le pillage : les maisons dont les propriétaires étaient absents, furent méthodiquement dévalisées: les officiers firent d'abord leur choix, tableaux, pièces d'argenterie, tapis, meubles ; les soldats prirent le reste, enlevèrent jusqu'au dernier clou. Les déménageurs se hâtaient, parce qu'ils savaient que leur domination serait courte. « En Bohême, a écrit Frédéric II, à qui son échec avait laissé une sourde rancune, la haute noblesse, le clergé et la bourgeoisie des villes sont très dévoués à la maison d'Autriche. La différence de religion inspirait à ce peuple aussi stupide que superstitieux une insurmontable aversion contre la Prusse. La cour de Vienne avait ordonné aux paysans.... d'abandonner leurs cabanes, d'emporter leur grain et de se réfugier dans les forêts voisines. Aussi l'armée ne trouva sur son passage que des déserts ou des villages vides. Personne n'apportait de vivres au camp... et la population qui redoutait les peines sévères des Autrichiens, ne pouvait être amenée ni pour or ni pour argent à donner des nouvelles de l'ennemi. »

Le roi se replia sur la Silésie et se plaignit avec indignation que les Autrichiens l'y suivissent : « En qualité de prince de l'Empire, il avait dû envoyer une partie de son armée au secours de l'Empereur, mais il avait toujours eu soin de déclarer qu'il avait l'intention de vivre dans une paix perpétuelle avec la reine de Hongrie et d'observer rigoureusement le traité de Breslau ! » Pour le prouver, il ordonnait à son général Einsiedeln, qui commandait à Prague, de le rejoindre, après avoir fait sauter les remparts, encloué les canons et noyé les armes qu'il ne pouvait pas emporter. Einsiedeln était fort embarrassé, au milieu d'une population exaspérée, avec des régiments peu nombreux, usés par les maladies et la désertion. Quand il commença sa retraite (26 novembre 1744), les habitants appelèrent les corps autrichiens qui rôdaient dans les environs, leur

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