‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 256 sur 325 · I. Wohlhergebrachte Gewohnheiten · texte numérisé non relu

I. Wohlhergebrachte Gewohnheiten

SoO CHOTIÉK

souveraine, d'abord en se convertissant au catholicisme, puis, après la conquête de la Silésie par Frédéric II, en abandonnant ses charges pour demeurer fidèle à l'Autriche. Replet, carré, fort laid, clignant des yeux, dodelinant de la tête, secouant les épaules, éternuant et toussant, il avait l'air d'un fou '. Personne ne l'aimait, ni ses égaux, ni sa famille qui intriguait contre lui, ni ses créatures qui complotaient sa chute; il n'avait pas l'âme très délicate ni l'esprit très rassis; avec 76,000 florins de traitement, il ne joignait pas les deux bouts. « Sa femme et lui ne savent pas tenir une maison, écrit Furst ; beaucoup de domestiques, une magnifique vaisselle, une grande abondance de plats, sans que l'on puisse dire que l'on mange bien chez eux et que l'on y soit bien servi. » Son administration nous donne une impression analogue : il ne réussit pas à apporter un ordre rigoureux dans la politique intérieure et il y a une disproportion excessive entre les résultats obtenus et les bouleversements accomplis. Mais il avait des idées, de l'audace, une rare puissance de travail, un dédain absolu pour les traditions, et ces qualités plurent à la reine, qui était plutôt timide et routinière.

Haugwits, qui par ses attaches appartenait à la Silésie, fut secondé par Kaunits, qui était un morave, et par Rodolphe Chotiék, originaire de Bohême. On a souvent remarqué que l'initiative de la ruine de l'ancienne constitution appartient ainsi à trois représentants de cette aristocratie qu'il s'agissait de dépouiller, et on en a conclu que des prérogatives ainsi reniées par ceux mêmes qui en jouissaient n'avaient plus aucune racine dans le pays. Ces défections révélaient, en effet, qu'un lent travail de désagrégation affaiblissait peu à peu la noblesse nationale et que, chez beaucoup de ses membres, le patriotisme particulariste s'effaçait devant le dévouement au souverain,

I. Rapport de Fûrst, ambassadeur de Frédéric II à Vienne; Ranke, Œuvres complètes, t. XXX, Cf. sur Haugwits l'article de l'Allgemeine Deutsche Biographie, qui a été fait en partie avec les documents inédits des archives devienne.

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