‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 266 sur 325 · LA MONARCHIE UNITAIRE · texte numérisé non relu

LA MONARCHIE UNITAIRE

Un ordre nouveau commence, dit Frédéric II en apprenant l'avènement de Joseph II. Dès sa première rencontre avec TEmpereur, le roi de Prusse avait été presque effrayé par Tambition frénétique de ce souverain, chez qui les idées modernes n'avaient pas étouffé l'atavisme des convoitises œcuméniques : l'Orient, l'Italie, la Bavière, il eût voulu tout saisir à la fois, tout englober. Il fallait donc qu'il eût la libre disposition des ressources de la monarchie, que sa volonté pénétrât rapidement jusqu'aux frontières les plus reculées, qu'elle fût traduite par des fonctionnaires attentifs et humbles. Il se mit aussitôt à la besogne pour compléter l'œuvre de Marie-Thérèse, sur tous les points à la fois : il voulait supprimer les restes de ces administrations locales qui retardaient son action et déplaisaient à son goût d'uniformité, abolir ce qui rappelait encore l'époque où les nobles exerçaient une certaine influence sur les affaires, effacer les traditions autonomes, étendre les pouvoirs de la bureaucratie et la soumettre plus directement à sa pensée. En même temps qu'il exagérait ainsi sans ménagement et sans mesure les principes d'absolutisme unitaire du règne précédent, il les étendit à l'ensemble de la monarchie, prétendit qu'elle formât à l'avenir « une masse unique, qui s'administrerait de la même manière,... un seul tout, une province égale dans ses charges et ses institutions ». La Hongrie, les Pays-Bas et l'Italie durent être fondus dans le même moule : « Comme le bien ne peut être qu'un, c'est-à-dire ce qui a pour but l'intérêt général et le plus grand nombre, et comme de même les provinces de la monarchie ne sont qu'un seul tout et ne peuvent poursuivre qu'un seul but, il faut nécessairement que les jalousies, les préjugés entre les peuples disparaissent, comme aussi les rivalités entre les divers services administratifs. — La nationalité, la religion

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