‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 27 sur 325 · I. Gindely, IV, p · texte numérisé non relu

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LA NOUVELLE NOBLESSE 6l

pas la langue; ils favorisaient les mœurs exotiques et le commerce étranger. Comment auraient-ils essayé de défendre les privilèges du royaume en face de l'Empereur ? Ils avaient besoin de sa protection pour conserver leurs acquisitions et sa paresseuse clémence couvrait seule les crimes par lesquels ils avaient fondé leur opulence. Quelques-uns d'entre eux avaient déjà des domaines au-dehors et beaucoup en achetèrent par la suite : aussi la nouvelle noblesse ne devint-elle jamais véritablement nationale, elle ne fut qu'une noblesse de cour, que ses intérêts complexes groupaient autour des Habsbourgs et qui poursuivait sa fortune par les mêmes intrigues qui l'avaient commencée. Au sommet l'indifférence, la corruption, la servilité; au bas, une poussière de serfs, broyés sous le joug le plus dur, surveillés par des prêtres qui suspectaient leurs souvenirs et leurs rêves : tel fut le résultat de l'amnistie générale telle que l'avait accordée Ferdinand.

A la longue, l'Allemagne s'émut à voir arriver ces longues théories de nobles, réduits aux expédients. Des catholiques mêmes présentèrent des observations à l'Empereur '. Des aveux terribles échappaient aux bourreaux: — la condition du pays est si misérable, écrit Liechtenstein ^. Maximilien de Bavière, qui n'était pas suspect de faiblesse, mais qui avait horreur du gaspillage et du désordre, s'indignait et craignait que l'excès des souffrances ne provoquât une nouvelle insurrection : — « l'affection en Bohême pour le roi est très faible, les esprits sont très mal disposés » -\ Ferdinand, à défaut de remords, eut quelques inquiétudes. Il ne se rendit jamais vraiment compte des exactions de ses agents, ce qui suffit à prouver son manque absolue d'intelligence et d'application; du moins eut-il une vague intuition de la sottise qu'il avait commise en laissant gaspiller des ressources qui, mieux ménagées, lui auraient assuré la victoire sur ses ennemis. Il recommanda à Liech-

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