‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 270 sur 325 · SUPPRESSION DES DIÈTES · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DES DIÈTES

ouvre aux bourgeois les plus hautes charges, il poursuit le morcellement des grandes propriétés, proclame en principe le partage égal des successions, s'efforce sournoisement d'obtenir la disparition des fidéicommis, des majorais et des substitutions. — Ces mesures ne pouvaient agir que très lentement dans un pa3^s où l'orgueil du nom était très vivace, et, comme elles n'atteignirent guère que les fortunes moyennes, les quelques dizaines d'oligarques qui avaient peu à peu attiré à eux l'autorité, parurent plus puissants au milieu de la décadence ou de la ruine universelles.

Désespérant de confisquer leur influence sociale, le roi supprima du moins leurs privilèges politiques. Nulle part, il n'a déplo3'é autant de persévérance et de passion que dans sa lutte contre les Diètes et l'administration féodale, dans son effort pour substituer une bureaucratie professionnelle aux représentants de l'aristocratie, et, en somme, nulle part son action n'a été aussi profonde.

Dès le lendemain de la mort de sa mère, il s'était proclamé roi héréditaire de Bohême, en vertu « des lois fondamentales du pays ». Il entendait établir par là qu'il était roi par sa naissance et de droit divin, écarter toute idée de contrat entre les sujets et le maître, Kaunits lui conseillait de se faire couronner roi de Hongrie: — A quoi bon? A quel titre? Dans un roj^aume héréditaire je ne saurais m'en faire aucune idée. — Je suis Empereur de l'Empire germanique, répondait-il aux représentations des magnats hongrois ; par conséquent, tous les États que je possède sont des provinces qui, unies dans un seul État, forment un corps dont je suis la tête. — En Bohême, où un tel luxe de précautions était au moins inutile, il voulut effacer jusqu'au souvenir du couronnement, emporta à Vienne la couronne de Saint-Venceslas. On aurait tort d'attribuer sa conduite à des sentiments d'hostilité contre les Tchèques : son professeur d'histoire, Bartenstein, n'avait que mépris et haine pour ces sujets « slaves, paresseux et désobéissants, qu'il faut contraindre à coups de bâtons à faire leur devoir ».

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