‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 282 sur 325 · SUPPRESSION DES CORVÉES · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DES CORVÉES

cieux » '. Sur le domaine de R3^chmbourk, une petite insurrection éclata en 1789 et les soldats arrêtèrent 120 émeutiers. Sans avoir partout un caractère aussi radical, l'agitation était très vive dans le pays tout entier. '

Joseph II désirait d'autant plus donner satisfaction sur ce point aux serfs en abolissant les corvées et en réduisant les redevances qu'il méditait de remplacer les anciens impôts par une contribution foncière unique. Sa politique financière s'inspirait de Quesnay dont l'influence fut vraiment universelle à cette époque. — « La terre, que la nature a donnée à l'homme pour son entretien, écrivait-il en 1788, est la source unique d'où tout vient et où tout retourne » ; comme toutes les charges retombent en dernière analyse sur elle, il est plus simple et plus loyal de lui demander directement les ressources nécessaires à l'État : mais pour que les citoyens n'en soient pas écrasés, il faut qu'elles soient également réparties et que certaines classes ne soient pas ruinées par des redevances particulières. — Marie- Thérèse avait déjà établi en principe que tous les habitants étaient soumis à l'impôt; mais, outre que les domaines nobles avaient été taxés à un taux beaucoup plus faible que les autres terres, on avait fermé les yeux sur les déclarations fantaisistes des seigneurs. Joseph II supprima leurs derniers privilèges financiers, ordonna une révision générale du cadastre, et confia la perception de la contribution à des délégués des communes qui durent remettre les fonds à des collecteurs publics. Enfin, la patente du 10 février 1789 déclara que les paysans conserveraient 70 pour 100 du revenu brut de leurs biens; comme TÉtat percevait 1 2 2/9 pour 100, les seigneurs ne pouvaient dans aucun cas et sous aucune forme réclamer de leurs laboureurs plus des 17 7/9 pour 100 du rendement brut^ tel qu'il était prévu dans le recensement général ". Il suffisait donc que

1 . Voir sur cette agitation, Adamck, Contributions à l'étude des classes rurales, dans les Mémoires de rAcadcmic de Prague, 1897, p. Sg-SS.

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