‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 286 sur 325 · CONSÉQUENCES MATÉRIELLES DES RÉFORMES · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES MATÉRIELLES DES RÉFORMES

grès soit si lent : c'est qu'ils ne savent pas d'où l'on vient. La population augmente rapidement, favorisée à la fois par la législation qui facilite les mariages et par les progrès de l'hygiène : vaccination, création d'hôpitaux, de maternités, établissement de sages-femmes, etc. ; tombée à 2,3oo,ooo après la famine de 1771, elle s'élève à 2,750,000 en 1786, ce qui est une progression beaucoup plus rapide que la moyenne; en Moravie, elle passe de i,i3o,ooo en 1775 à plus de i,3oo,ooo en 1791 '. Les réformes officielles ont réveillé l'esprit d'entreprise et d'études. La Société d'agriculture, qui devient en 1788 la Société d'économie politique du royaume de Bohême, travaille à introduire dans le pays des méthodes d'exploitation plus rationnelles. Sur les grands domaines, de nouvelles cultures s'acclimatent, le trèfle, la luzerne, la betterave; la pomme de terre se répand, l'élevage s'améliore, le système des jachères est peu à peu abandonné. La masse, d'abord défiante et hostile, finit cependant par s'ébranler.

Sa conversion eût été plus rapide, si Joseph II ne l'eût exigée trop brusque et trop complète. L'idée qu'il se faisait de la liberté était toute Spartiate : elle consistait pour chacun à contribuer dans la plus large mesure possible à la prospérité du pa3^s. Le souverain était ainsi autorisé à intervenir sans cesse; il fixait les costumes, les cérémonies, les dépenses ; il interdisait les fêtes locales, pour que les paysans ne fussent pas induits en tentation; par respect pour rh3^giène, il faisait déterrer sans cérémonie les corps ensevelis dans les églises ; pour ménager le bois, il interdisait l'usage des cercueils et ordonnait de coudre les morts dans un drap et de les couvrir de chaux vive; il remplaçait les confréries de charité par un Institut officiel des Pauvres, sous la direction de l'État. Beaucoup de ces mesures étaient parfaitement raisonnables; les meilleures avaient un vice rédhibitoirc, elles n'étaient pas dési-

I. Aujourd'hui 6, 3oo,ooo en Bohême, 2,5oo,ooo en Moravie et 65o,ooo en Silésie, soit neuf millions et demi environ pour les pays de la Couronne.

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