‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 298 sur 325 · JOSEPH II PRÉCIPITE LA GERMANISATION · texte numérisé non relu

JOSEPH II PRÉCIPITE LA GERMANISATION

d'une région purement slave jouer une pièce en allemand,. « tout naturellement ». — Au bout de la première année, constate Thistorien Peltzel, témoin attristé de cette transformation, les enfants ont déjà un petit bagage de mots et de tournures étrangères ; on les entend parler all-emand dans les rues et ils crient : Komm her, au lieu de podj sem, et was denn au lieu de tso pak. La deuxième année, ils sont assez familiers avec la langue pour que le maître puisse souvent se passer du tchèque. La troisième année, on ne prononce plus dans l'école un seul mot de slave. Ainsi dans cinquante ans, on entendra parler plus allemand que tchèque dans les villes qui étaient auparavant exclusivement tchèques '.

Les Slaves sont très malléables, ils apprennent avec une facilité prodigieuse les langues étrangères ; la propagande scolaire était d'ailleurs corroborée par l'action des influences sociales. Les longues années de paix avaient émoussé les haines des Tchèques contre leurs redoutables voisins; les dissidents, qui formaient la portion la plus vivante du peuple, s'étaient habitués à chercher leur protection dans TEmpire, et c'est de là qu'arrivaient leurs livres et leurs prédicateurs; de là aussi venaient les ouvriers ou les industriels qu'appelait le gouvernement; les loges maçonniques étaient en relations constantes avec les loges de la Bavière ou de la Prusse. Malgré la vigilance des Jésuites, depuis le commencement du siècle, les livres allemands franchissaient en grand nombre la frontière, et la littérature allemande de Bohême, qui avait presque disparu au lendemain de la guerre de Trente-Ans, commençait à se réveiller; des troupes de comédiens étrangers parcouraient le pays et trouvaient partout un accueil empressé ; les professeurs venus de l'Allemagne faisaient fureur, on ne jurait plus que par Klopstock et Lessing. — L'événement prouva que les classes populaires n'avaient guère été

I. Peltzel, Gesch. der Deutschen und ihrcr Sprache in Bœhmen, p. Sog.

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