‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 304 sur 325 · LE COMTE KINSKY · texte numérisé non relu

LE COMTE KINSKY

un résultat moral réel et contribua dans une assez large mesure à réveiller le sentiment national et en particulier les sympathies pour la langue slave, qui semblait menacée d'une rapide disparition.

Le patriotisme tchèque qui, depuis Balbin et Frozin, ne se manifestait plus que d'une manière tout à fait accidentelle, avait été ranimé d'une façon fort inattendue par la philosophie du xvni' siècle. Un certain nombre d'hommes, très pénétrés en général de l'esprit du siècle et admirateurs très sincères de Joseph II, s'étaient demandés pourquoi les Tchèques ne seraient pas appelés, aussi bien que les Allemands, à comprendre l'Évangile moderne de progrès et d'humanité, et leur droiture avait été choquée de l'ostracisme dont on frappait la majorité du peuple. Ils étaient en général très désintéressés dans la question et savaient l'allemand mieux que le tchèque ; la raison ne leur parut pas suffisante, et au nom de la liberté et de la justice, ils s'inscrivirent en faux contre la mort sans phrase prononcée contre leur race.

Un des premiers, le plus connu de ces défenseurs d'une cause désespérée, fut le comte Kinsk}'-. Officier des plus distingués et directeur pendant un quart de siècle de la grande école militaire de Neustadt, Kinsk)' nous a laissé des œuvres pédagogiques intéressantes. Il a beaucoup lu, les ouvrages français lui sont familiers; il les cite un peu comme un étranger, c'est-à-dire sans se rendre toujours un compte très exact de l'importance relative des auteurs, et il pousse un peu loin son admiration pour l'abbé Pluche. Après tout, que lui apprennent nos réformateurs qu'il n'ait déjà vu dans Comenius? Comme le grand évêque de l'Unité, il veut avant tout que l'éducation prépare l'enfant à remplir sa mission d'homme. — « Condui-

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