LA CHAIRE DE TCHÈQUE A PRAGUE
gardons comme un titre particulier de gloire d'avoir, unis aux autres peuples slaves, défendu l'Autriche contre les entreprises ennemies
Il est probable que ces paroles n'offraient qu'un sens un peu flottant à la plupart des auditeurs; le vague même de ces espérances leur prêtait une attraction nouvelle et Léopold était assez intelligent pour deviner qu'il y avait là une force mal définie qu'il convenait de ne pas s'aliéner. Très adroitement, il s'était appuyé sur les Serbes pour contenir les Magyars : il était de ceux qui tirent parti de tout, même des préjugés. Il ne toucha pas au régime scolaire, mais il rendit quelque liberté aux professeurs et il fonda une chaire de langue et littérature bohèmes à l'Université de Prague (28 octobre 1791) ".
Le premier professeur, Peltzel, commençait son cours jans^ folles illusions : — EncorejuTxîV siècle, disait-il, on était obligé à Lei£zig de parler re wende" pour se faire j comprendre des paysans au nïârcRé ; il en est de~meme aujourd'hui à Prague pour le tchèque. Si l'on doit dire dans quelques siècles : jadis on parlait slave en Bohême, les habitants, alors complètement germanisés, apprendront sans doute avec intérêt l'histoire de ce changement. Il est vraisemblable qu'un jour, au point de vue de la langue, la Bohême se trouvera dans la même condition que la Misnie, le Brandebourg et la Silésie, où l'on ne
'pârTé que ràTTemalTd et où les noms des montagnes, des rivières et des villes, rappellent seuls l'ancienne langue
^Hes habitants.