I. Relation de Carafa; Gindely, p. 2o
seconde paix de Nikolsbourg. Les protestants tchèques étaient à la merci de leurs adversaires.
Le Père Svoboda, qui a étudié de très près cette période, n'hésite pas à s'approprier les paroles de Saint-Augustin : « Les Donatistes éprouvèrent le sort qu'avaient jadis subi les accusateurs du prophète Daniel ; de même que les lions se jetèrent sur eux, les lois dont ils avaient voulu frapper leurs adversaires, se retournèrent contre eux. La différence, c'est que, par la miséricorde de Dieu, ces lois qui leur paraissent hostiles, leur sont utiles, car par elles beaucoup se sont améliorés", ce qu'ils détestaient, ils l'aiment, et ces lois que rejetait leur folie, ils les acceptent volontiers, quand ils sont revenus à la raison. Le médecin est désagréable au patient et le père à l'enfant, et pourtant si le père frappe l'enfant et que le médecin enchaîne le malade, c'est pour leur bien. L'adultère est puni par la loi : pourquoi le sacrilège ne le serait-il pas? Le fidèle qui ne garde pas sa foi à son Dieu n'est-il pas plus coupable que la femme qui ne la garde pas à son mari? Le pasteur n'a-t-il pas le devoir de ramener la brebis séduite, et si elle refuse, de l'y contraindre?» — Les Jésuites du xvii* siècle n'avaient ni plus de doutes ni plus de scrupules que leurs apologistes actuels.
Le premier résultat concret de leurs théories fut une série d'arrêtés qui ordonnaientde poursuivre les pasteurs revenus dans le royaume; elles aboutirent au décret décisif du 18 mai 1624 qui interdisait à tout prédicateur hérétique de séjourner en Bohême et chargeait Harrach et Liechtenstein d'en assurer l'exécution. C'était la conclusion naturelle des mesures qui, depuis 1620, avaient peu à peu refoulé le culte protestant, le corollaire de la patente du 29 mars 1624 qui c( interdisait l'exercice de toute autre religion 1 que la religion catholique, non seulement à Prague et dans les villes royales, mais encore dans le pays tout entier ■ ». La Propagande n'était que juste en invitant