‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 35 sur 325 · I. Bilek, Contre-Rétorm., p · texte numérisé non relu

I. Bilek, Contre-Rétorm., p

y 2 LA PERSECUTION

Carafa à remercier « le nouveau Théodose » et le « second Constantin ». L'archevêque nomma deux <( visiteurs » qui eurent mission de parcourir le ro3'aume, « d'écarter de toute administration ecclésiastique les prédicateurs, s'il en restait, en usant de la plus grande douceur possible »; cela voulait dire qu'on chercherait à décider les pasteurs à se convertir et qu'on exilerait ceux qui refuseraient d'abandonner leur foi. Les visiteurs d'Harrach étaient accompagnés par des agents de Liechtenstein dont les instructions étaient plus précises et plus implacables.

Alors commença dans tout le pays cette chasse contre les prédicateurs hérétiques, qui, avec quelques interruptions, dura jusqu'aux dernières années du règne de Marie- Thérèse et dans laquelle périrent quelques-uns des meilleurs fils de la patrie. En laissant de côté les récits navrants de l'Histoire des persécutions, les actes officiels prouvent que des centaines de prédicateurs furent jetés \ en prison, mis au pain et à l'eau; les plus intraitables étaient fouettés '. Dans ces cas-là, les prêtres catholiques, discrètement, s'effaçaient, laissant aux autorités temporelles le soin de punir les rebelles qui bravaient les ordres du souverain. Zérotyn rappela à l'Empereur les promesses qu'il avait reçues : il n'avait commis aucune faute, et pour lui garder sa fidélité, il s'était exposé aux plus sérieux dangers. — Ferdinand ne nia pas ses engagements, « il ne pouvait les tenir, parce que le pape, sur les décisions duquel il devait se régler dans les questions de conscience, ne le trouvait pas bon et licite ^. » On poursuivait en même temps que les pasteurs les instituteurs; les écoles dont s'honorait la Bohême, disparurent presque toutes, et il s'écoula de longues années avant qu'elles fussent plus ou moins bien remplacées ; ce lut une catastrophe intellectuelle dont les suites furent

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