I. Cité par Svoboda, p
go LES PAYSANS
les familles, surtout l'ultime raison, l'invariable argument, les garnisaires qui accourent au premier signal. « Partout les conversions furent rapides, mais à Novy-Hrad surtout, où le seigneur déclara que personne ne manquerait impunément au sermon '. » A Netvorjitse, dans les environs de Prague, les paysans pendant plusieurs années repoussent toutes les exhortations ; beaucoup, pour échapper aux missionnaires qui s'attachent à eux, se cachent dans les forêts ; on saisit leurs troupeaux, on traque les fugitifs ; à bout de ressources, exaspérés, ils s'arment de faux, de bâtons, pénétrent dans le bourg et reprennent leurs troupeaux. Michna accourt avec cinq cents soldats qui achèvent en quelques heures l'œuvre des Pères. Victoria pênes humanitatem et patientiam Patrum stetit! — A Rozmital, pour ouvrir l'intelligence des habitants, on les jette en prison : un d'eux malgré tout, riche, membre du conseil, déclare qu'il est prêt à renoncer à sa vie et à ses biens, plutôt que de renier son Dieu. Mauvais exemple! les Jésuites réclament contre lui un châtiment impitoyable. Les autres épouvantés se sauvent dans les bois. Grand embarras des rnissionnaires, le jésuite Kotschel les rassure : qu'on attende l'hiver; le froid ramènera ces insensés dans leur village et on les convertira^. Ailleurs, des paysans, pour obtenir quelque argent, menacent de mettre le feu à leurs maisons ^. Un certain Wolfstirn , trésorier du régiment de Breuner, nous raconte ses succès de missionnaire, dont l'éclat l'étonné lui-même, d'autant plus que dans plusieurs endroits les juges royaux et les ecclésiastiques menaient une vie scandaleuse et que la majorité des soldats et des officiers qu'il commandait se composait de Luthériens; « mais ils m'ont rendu plus de services que des catholiques tièdes ». A son arrivée, il mande tout le village, jeunes et vieux, garçons et filles, pauvres et riches, et il leur